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mercredi 22 février 2017
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Le Monde, 18 mars

Le gouvernement algérien réinvite les tribus kabyles au dialogue


Vue de Bougie

Ce dialogue, péniblement renoué entre le gouvernement et le mouvement contestaire des âarchs, avait abouti à un échec le 7 février 2004, butant sur la reconnaissance officielle du tamazight, la langue des Kabyles, qui constitue la revendication fondamentale de la Kabylie.

Algérie


Le chef du gouvernement algérien Ahmed Ouyahia a invité, mercredi 17 mars 2004, le mouvement contestaire des âarchs (tribus kabyles) à reprendre le dialogue pour tenter de résoudre la crise secouant la Kabylie depuis près de trois ans, a-t-on annoncé de source officielle à Alger.

Ahmed Ouyahia

Dans un communiqué officiel, M. Ouyahia propose cette reprise du dialogue "pour la mise en oeuvre de la plate-forme d’El Kseur", le document de référence du mouvement des âarchs adopté le 11 juin 2001, dans cette bourgade kabyle, dans le feu des émeutes du printemps noir qui avaient fait une centaine de morts et des milliers de blessés. Le mouvement contestataire kabyle "a répondu favorablement à cette invitation pour arrêter les actions à entreprendre pour sa rapide concrétisation" a ajouté le communiqué du gouvernement.

Manifestation kabyle en juin 2001

Manifestation kabyle en juin 2001

"Le mouvement n’a pas reçu une quelconque invitation pour la reprise du dialogue et, même s’il y avait invitation, le mouvement ne s’est pas réuni pour trancher et prendre une décision quant à la réponse à donner", a indiqué Bélaïd Abrika, porte-parole des âarchs qui avaient participé à Alger aux discussions en janvier et février avec M. Ouyahia. "S’il y a des contacts avec d’autres délégués, je l’ignore", a ajouté M. Abrika.

Belaid Abrika

La question de la reconnaissance du tamazight

Ce dialogue, péniblement renoué entre le gouvernement et les âarchs, avait abouti à un échec le 7 février 2004, butant sur la reconnaissance officielle de la langue tamazight (berbère), la langue des Kabyles, qui constitue la revendication fondamentale de cette région.

Le gouvernement, qui avait déjà lâché du lest en avril 2002 en acceptant la reconnaissance du tamazight comme langue nationale, entérinée par le Parlement, estime que la reconnaissance officielle du tamazight, à l’instar de l’arabe, doit être soumise à référendum. Les âarchs refusent cette solution "pour une question de principe", arguant que "l’identité ne peut être soumise au vote" et que le recours au référendum sur un seul point "ne peut que diviser le peuple algérien".

Cette reconnaissance officielle fait partie de la plate-forme d’El Kseur. Ce texte comprend 15 points jugés fondamentaux et "non négociables" par les âarchs pour résoudre la crise en Kabylie, région pauvre et montagneuse connaissant un fort taux de chômage et une importante émigration. La plate-forme contient notamment la mise en oeuvre d’un plan d’urgence de développement économique.

Vue d’El Kseur

La Kabylie à la veille de l’élection présidentielle algérienne, fixée au 8 avril 2004, est traversée par des courants favorables à la participation au vote et d’autres privilégiant le boycott. L’aile des âarchs opposée au dialogue veut participer à cette élection à laquelle se présente notamment M. Saïd Sadi, président du Rassemblement pour la Culture et la démocratie (RCD, laïque), un parti implanté dans cette région.

Paysage de la Kabylie

Après l’échec des négociations avec le gouvernement le 7 février 2004, Belaïd Abrika avait fait savoir que le mouvement contestataire allait reprendre les "actions de rue" pour empêcher la tenue de l’élection présidentielle. Lors des élections législatives et locales de mai et octobre 2002 des émeutes avaient éclaté en Kabylie, perturbant massivement les scrutins au cours desquels la participation avait été extrêmement faible, voire nulle.

Avec Agence France Presse

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