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mardi 28 mars 2017
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Le Monde, 16 juin 2006

Informations internationales : 1,4 milliard de personnes habiteront dans des bidonvilles en 2020


Un bidonville à Port-au-Prince, en Haïti, le 17 février 2005

Le programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-habitat) dresse un constat inquiétant, vendredi 16 juin 2006, dans son rapport sur l’état des villes du monde 2006-2007 : les bidonvilles de la planète compteront 1,4 milliard d’habitants en 2020, soit autant que la Chine.

Vue du bidonville de Sidi Moumen, à Casablanca, au Maroc


A l’heure actuelle, la terre compte près d’un milliard d’êtres humains entassés dans des bidonvilles, soit près d’un urbain sur trois, souligne le rapport, publié tous les deux ans. La population de ces zones urbaines déshéritées augmente de 2,2 % par an, particulièrement en Afrique noire, où le taux de croissance annuelle dépasse 4,5 %. Et le rythme mondial s’accélère : d’ici à 2020, les quartiers des bidonvilles devraient enfler chaque année de 27 millions de personnes supplémentaires, contre 18 millions en moyenne entre 1990 et 2001. Au début de l’année 2007, le nombre de citadins devrait pour la première fois égaler celui des ruraux à l’échelle mondiale. Si cela est chose faite en Europe, depuis la dernière guerre mondiale, l’Afrique et l’Asie ne devraient pas atteindre ce cap avant 2020. Mais les pays en développement rattrapent rapidement leur retard : plus de 95 % de la croissance urbaine se fera dans les pays du Sud et, en 2030, les citadins seront près de 5 milliards, pour une population totale de 8,1 milliards d’humains. Face à cette évolution, l’objectif de l’ONU-habitat est de ramener la population des bidonvilles aux alentours de 700 millions d’habitants en 2020.

Un bidonville à Luanda, en Angola

"La croissance économique ne mène pas automatiquement à la résorption des bidonvilles", observe Eduardo Moreno, l’un des auteurs du rapport, appelant les gouvernements à accompagner une urbanisation irréversible plutôt que de chercher à la freiner. En effet, les pays d’Afrique du Nord, particulièrement l’Egypte, qui ont engagé il y a dix ou quinze ans ce type de politique, obtiennent des résultats et la population des bidonvilles a commencé à diminuer dans cette région. Pour améliorer la condition des habitants des bidonvilles, certains gouvernements fournissent de l’eau, de l’électricité ou encore une aide technique à la construction de logements. Mais lorsque les quartiers sont construits dans des zones dangereuses, exposées par exemple aux risques d’inondation, il n’y a pas d’autre choix que de reloger les habitants ailleurs, explique l’ONU-habitat.

Un bidonville à Bombay, en Inde

Par ailleurs, contrairement aux idées reçues, la vie dans les zones urbaines défavorisées n’est pas meilleure que dans les zones rurales, indique le rapport. Pas question pour autant de forcer les habitants à regagner les campagnes, a déclaré Sharad Shankardass, porte-parole de l’ONU-habitat. L’organisme suggère ainsi aux Etats de revoir leur politique qui consiste à aider les campagnes dans l’espoir que les ruraux n’iront pas tenter leur chance en ville. "Les villes offrent des chances [de trouver un travail]. Aller en ville est le premier pas vers une sortie de la pauvreté pour beaucoup de gens qui viennent de la campagne", a observé Nefise Bazoglu, qui a dirigé la rédaction du rapport.

Avec AFP

Un bidonville à Libreville, au Gabon

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