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mardi 28 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (2ème partie) : Du 1er mars 2004 au 31 mars 2004
AFP, 18 mars 2004

Varsovie, premier allié de Washington à se dire "leurré" sur les ADM en Irak


VARSOVIE (AFP) - La Pologne a été, jeudi 18 mars 2004, le premier des plus fidèles alliés des Etats-Unis à dire crûment avoir été "leurré" sur la possession par l’Irak d’armes de destruction massive (ADM), un argument utilisé par Washington pour justifier le renversement de Saddam Hussein en 2003.


"Moi aussi je suis mal à l’aise qu’on nous ait par exemple leurrés avec les ADM. Ceci est vrai. On nous a menés en bateau", a déclaré le président polonais Aleksander Kwasniewski à des journalistes étrangers en visite à Varsovie.

Dans la soirée, le président polonais a ajouté que l’absence des ADM en Irak était "également un problème des Etats-unis, de la Grande-Bretagne et d’autres pays de la coalition. Nous étions informés que les ADM existaient en Irak, qu’il y avait une très forte probabilité qu’elles y existent. Aujourd’hui, ces informations n’ont pas été confirmées", a ajouté M. Kwasniewski.

Selon lui, elles étaient "issues des actions des services de renseignements".

"Dans ce sens, c’est un problème pour nous tous", a-t-il dit soulignant également que Saddam Hussein avait tout fait pour que l’on croit qu’il disposait d’ADM.

M. Kwasniewski a toutefois tenu à souligner que "l’action de stabilisation en Irak avait décidément une raison d’être".

"Je défends cette décision et considère que de point de vue historique, elle aura un signification positive".

Les Polonais n’avaient jamais remis en cause les arguments de Washington pour obtenir leur soutien dans la campagne militaire lancée il y a un an pour renverser le dirigeant irakien.

Cet aveu officiel est également le premier d’un membre de la coalition formée autour du président américain George W. Bush pour obtenir un maximum de soutien à ses objectifs en Irak.

Ni les Premiers ministres britannique Tony Blair, australien John Howard, et espagnol sortant Jose Maria Aznar n’ont parlé aussi nettement de l’absence d’ADM dans l’Irak de Saddam. Au plus se sont-ils référés à des enquêtes sur la question.

Mais le patron du groupe d’experts américains chargé du dossier, David Kay, a déjà jeté l’éponge, confirmant les dires de l’ancien inspecteur de l’ONU en Irak, Hans Blix, sur un faux diagnostic américain et britannique.

La déclaration du président polonais survient justement quelques jours après l’échec électoral de M. Aznar et de son parti de droite face aux socialistes de José Luis Rodriguez Zapatero, opposés à la guerre en Irak.

Ce dernier a d’ailleurs annoncé qu’il retirerait ses troupes d’Irak à la fin de leur mandat au 30 juin 2004, s’il n’y avait d’ici là ni gouvernement souverain ni mandat de l’ONU pour les troupes étrangères.

Or ses 1300 soldats servent au sein de la force multinationale de 9000 hommes commandée par la Pologne et ils sont parmi les plus nombreux, homogènes et mieux entraînés parmi les multiples nationalités représentées, souligne-t-on de sources militaires. Ce qui n’est pas sans embarrasser Varsovie, ajoute-t-on.

"On est à la mi-mars et je pose la question. Si le retrait devait signifier le retour à la guerre, à des purges ethniques, à l’agression contre des pays limitrophes, quel serait alors le sens de ce retrait des troupes", s’est interrogé le président polonais ?

"Si on proteste contre le rôle trop important des Etats-Unis dans la politique mondiale et qu’on retire nos troupes en sachant que ce sont les soldats américains qui vont les remplacer, alors quel en est le sens", s’est-il demandé ?

Mais, note-t-on de source diplomatique, "la Pologne est en train de se prendre ses distances avec les Etats-Unis".

Des problèmes importants restent en suspens : les retombées économiques toujours attendues de l’intervention polonaise en Irak, un assouplissement attendu de la politique américaine des visas pour les Polonais se rendant aux Etats-Unis ainsi que les contrats promis par les Américains si Varsovie achetait 48 avions F-16 américains, plutôt que des chasseurs européens.

"En Irak nous ne pouvons pas changer notre mission de stabilisation en mission de déstabilisation", a martelé le dirigeant polonais.

L’objectif est "de réussir maintenant cette mission de stabilisation" et de réussir "le transfert de souveraineté", a souligné M. Kwasniewski qui entame, vendredi 19 mars 2004, une tournée dans cinq pays arabes du Golfe.

Agence France Presse

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