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AFP, 25 juin 2006

Corruption : La mairie de Nice secouée par une nouvelle affaire

par Sophie MAKRIS


Vue de Nice

NICE (AFP) - Deux cadres de la mairie de Nice ont été mis en examen, samedi 24 juin 2006, pour trafic d’influence, faisant replonger dans la tourmente des affaires la municipalité de Jacques Peyrat (UMP), déjà éclaboussée par plusieurs scandales de marchés truqués au cours des dernières années.

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Le chef de la police municipale de Nice, Daniel Véran, 53 ans, et le directeur des relations internationales et du protocole de la mairie, Martial Meunier-Jourde, 41 ans, ont été tous deux placés sous contrôle judiciaire. La justice soupçonne les deux hommes, des proches du maire UMP de Nice, Jacques Peyrat, d’être intervenus auprès de l’édile pour peser sur la désignation d’un candidat à la construction d’un complexe hôtelier de luxe sur un terrain très convoité, détenu par la ville sur le front de mer de Nice. Le trafic d’influence présumé aurait pris corps dès 2003, alors que la mairie de Nice souhaitait négocier de gré à gré avec des investisseurs intéressés par le terrain de 2500 m2, aujourd’hui utilisé comme parking. En mars 2005, la mairie avait finalement décidé de recourir à une procédure d’appel d’offres en cours d’aboutissement.

Jacques Peyrat (au centre de l’image) et Daniel Véran (à droite de l’image)

Interrogé par l’AFP à sa sortie du palais de justice, Daniel Véran a clamé son innocence et affirmé qu’il avait "toujours marché droit". Selon une source judiciaire, Martial Meunier-Jourde a en revanche reconnu, devant les juges d’instruction, avoir été approché par un "apporteur d’affaires" niçois, Pierre Raynaud, déjà connu de la justice, et mandaté dans ce dossier par un fonds d’investissement immobilier basé au Royaume-Uni, Aérium, qui souhaitait être choisi pour la construction du palace. A la clef, selon la justice, une commission d’un million d’euros à partager entre M. Meunier-Jourde, M. Véran et deux patrons de bars niçois, proches du milieu corse, qui auraient servi d’intermédiaire avec les deux cadres de mairie. L’un d’eux, René Agostini, comparaît actuellement devant les assises de Créteil pour complicité dans un double assassinat commis, en Corse, en 2001. M. Meunier-Jourde a reconnu avoir touché un chèque de 5000 euros qu’il qualifie de "prêt" sans lien avec cette affaire, mais que le procureur, Eric de Montgolfier, désignait, vendredi 23 juin 2006, comme un "acompte" sur la commission globale.

Eric de Montgolfier

Le maire de Nice a réagi à la mise en cause de ses deux collaborateurs en insistant sur la "présomption d’innocence" dont ils doivent bénéficier. Cette nouvelle affaire, succédant à une longue série, risque de peser sur le troisième mandat à la tête de la municipalité que Jacques Peyrat, 74 ans, entend briguer en 2008. Une enquête préliminaire est également en cours sur les agissements d’un ancien membre du cabinet de Jacques Peyrat, soupçonné d’avoir soutiré pour un million d’euros à des particuliers en leur faisant croire qu’il pouvait leur vendre des biens du patrimoine foncier de la ville de Nice.

Jacques Peyrat

En juin 2004, l’ex-directeur général des services de la ville, Michel Vialatte, avait été condamné à cinq ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis, pour avoir truqué plusieurs marchés publics au cours des années précédentes. Un élu de la majorité municipale, Dominique Monleau, demeure sous le coup d’une mise en examen prononcée en avril 2005. Il est soupçonné d’avoir touché un dessous-de-table pour intervenir dans l’attribution du marché de maîtrise d’oeuvre du futur tramway de la ville à une ancienne filiale de Thales. En décembre 2005, la responsable du département média du service de communication de la mairie de Nice a été mise en examen pour "prise illégale d’intérêt et recel", dans une affaire d’achats d’espaces publicitaires au nom de la mairie dans un magazine dont elle était rédactrice en chef.

Sophie MAKRIS

Vue de Nice

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