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dimanche 30 avril 2017
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Le Courrier, 25 juillet 2006

Informations internationales : Echec du cycle de Doha à l’OMC

par Simon PETITE


Un ranch aux Etats-Unis

L’échec ne surprendra personne. Mais il en réjouira plus d’un à travers le monde. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) entre en sommeil et son réveil pourrait prendre plusieurs mois, voire plusieurs années.

Les altermondialistes en rêvaient, l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis l’ont fait.

Des rizières aux Philippines


Les deux géants commerciaux ont, cette fois, été incapables de s’entendre sur le dos du reste du monde. Paysans, pêcheurs, défenseurs des services publics... Elles ou ils sont des millions à pousser un ouf de soulagement. Le cycle de négociations de Doha n’est pas encore à l’eau. Il a seulement été suspendu sine die. La manière dont les choses se sont jouées en dit long sur le fonctionnement d’une organisation qui prétend chérir le consensus.

Réunis en conclave tout le week-end en compagnie de l’Inde, du Brésil, de l’Australie et du Japon, le duo transatlantique a livré sa sentence lundi 24 juillet 2006 à la mi-journée. Ne parvenant pas à s’entendre entre gens de bonne compagnie, il était vain de poursuivre. Charge aujourd’hui à Pascal Lamy de présenter la nouvelle aux 146 autres Etats membres...

Des agriculteurs soudanais

Pompeusement baptisé « cycle du développement », le round de Doha n’en a plus que le nom. En 2001, dans l’émirat du peu démocratique Qatar, à l’abri de la contestation qui avait pourri leur séjour à Seattle, les ministres avaient promis de rééquilibrer le système commercial en faveur des pays les plus pauvres. Mais c’est bien connu : chassez le naturel et il revient au galop. Durant toutes ces années, les Grands n’ont rien lâché ou si peu. Selon Oxfam, les « offres » posées sur la table par Bruxelles et Washington impliquaient même des soutiens accrus à leurs agriculteurs dont les surplus ruinent leurs collègues du Sud. A l’image des pays africains producteurs de coton, les pays en voie de développement -terrible euphémisme- en ont été quittes pour des belles paroles. « L’Organisation mondiale du commerce n’est pas une organisation d’aide au développement », a récemment précisé le porte-parole de l’institution. On ne saurait être plus clair.

Des sacs de cacao en Côte d’Ivoire

Au début de cette semaine, présentée comme celle de la dernière chance, les pays du Sud avaient le choix entre un mauvais accord ou pas d’accord du tout. Aujourd’hui, ils disposent d’un peu de temps. De quoi faire le bilan de leur adhésion à l’Organisation mondiale du commerce et d’en tirer les enseignements nécessaires. Chacun reconnaît la nécessité de réformer une institution plus impopulaire que jamais. Mais il serait naïf de croire que les puissances qui y ont toujours fait la pluie et le beau temps acceptent sa transformation en autre chose qu’une vulgaire machine à libéraliser. Pendant la somnolence de l’Organisation mondiale du commerce, beaucoup craignent une poussée d’accords bilatéraux encore plus inéquitables. Le danger est bien réel. Mais est-ce une raison pour avaler toutes les couleuvres ?

Simon PETITE

Un champ de coton au Bénin

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