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vendredi 24 mars 2017
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Reuters, 20 mars 2004

Des soldats français dans le berceau de l’insurrection haïtienne

par Michael CHRISTIE


L’arrivée des troupes françaises aux Gonaives, le 19 mars 2004

LES GONAÏVES, Haïti (Reuters) - Le premier contingent de la force multinationale déployée en Haïti est entré, vendredi 19 mars 2004, aux Gonaïves, d’où est partie l’insurrection fatale au régime de Jean-Bertrand Aristide.

Des soldats français passent devant l’ancien commissariat des Gonaïves, incendié par les insurgés début février 2004. Le premier contingent de la force multinationale, comprenant plus de 140 légionnaires français, est entré aux Gonaïves le 19 mars 2004


Plus de 140 légionnaires français sont arrivés à bord de transports de troupes blindés dans un complexe universitaire de la quatrième ville haïtienne, située au nord de Port-au-Prince.

Un soldat français patrouille dans les rues des Gonaives, le 19 mars 2004

Ils ont effectué dans l’après-midi leurs premières patrouilles visant à rétablir l’ordre dans cette ville de 200000 habitants où, au début du mois de février 2004, des hommes armés s’étaient emparés du commissariat, déclenchant les événements qui ont abouti au départ, le 29 février 2004, du président Aristide et l’arrivée d’une force multinationale de paix.

Le prise du commissariat des Gonaives, par les insurgés haïtiens, le 11 février 2004

"Nous n’avons pas pour mission de désarmer les gens", a expliqué le capitaine Georges Tourmente, commandant de ce détachement, ajoutant que l’objectif était de permettre aux policiers haïtiens de reprendre leurs fonctions et de les aider à ramener le calme.

Le déploiement de ces légionnaires français aux Gonaïves constituent la première véritable incursion de la force multinationale de quelque 3000 hommes en-dehors de la capitale haïtienne, Port-au-Prince.

Selon un porte-parole des rebelles qui ont pris les armes au début du mois de février, le nouveau Premier ministre haïtien, Gérard Latortue, pourrait se rendre à son tour, samedi 20 mars 2004, aux Gonaïves -dont il est originaire.

Gérard Latortue

"Nous avons remporté la première partie de la bataille, mais notre objectif allait au-delà du combat contre un dictateur, notre objectif était de parvenir à un développement durable pour notre pays", a déclaré ce porte-parole, Wynton Etienne.

Soldat américain à Petionville, le 15 mars 2004

"Personne ne me désarmera"

Depuis l’insurrection du 5 février 2004, les rues des Gonaïves sont livrées au contrôle de bandes armées et des rebelles.

Mais, vendredi 19 mars 2004, les rues semblaient plus propres qu’au début du mois de février et les armes qu’on voyait alors en grand nombre sont devenues beaucoup plus rares.

Butteur Métayer, premier leader du Front de résistance de l’Artibonite, du nom de la région rizicole entourant les Gonaïves, a parcouru les rues de la ville à bord d’un 4x4 de la police pour tenter de rassurer la population après l’arrivée des forces françaises.

Butteur Métayer, aux Gonaives, le 19 février 2004

Mais des incidents isolés se sont produits, comme ce jeune homme brandissant un pistolet et un fusil automatique et assurant que personne ne le désarmerait.

Fritz Désir, qui se présente comme le porte-parole des habitants du bidonville de Raboteau, a affirmé pour sa part qu’on ne pouvait pas encore faire confiance au nouveau gouvernement haïtien.

"Nous, le peuple haïtien, nous avons créé le monstre Aristide. Alors nous devons voir ce que cet homme (Gérard Latortue) va faire. Après tout, cela fait 200 ans que c’est la même chose", dit-il, faisant allusion à la série de despotes qui ont régné sur l’île depuis son indépendance, en 1804.

Michael CHRISTIE

Toussaint Louverture a dirigé l’insurrection contre les Français, en 1804. Mais, devenu premier chef d’Etat d’Haïti, il s’est comporté comme un despote. Il est vrai qu’à l’époque Napoléon Bonaparte n’était pas non plus une source d’inspiration pour les démocrates...

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