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AFP, 18 août 2006

Afrique du Sud : L’envoyé de l’ONU fustige le gouvernement à propos du sida


Une victime du sida, à son domicile, au Kwa Zulu Natal, le 31 octobre 2005

TORONTO (AFP) - L’envoyé spécial de l’ONU pour le sida en Afrique a fustigé l’attitude de l’Afrique du Sud, après l’arrestation, vendredi 18 août 2006, de militants anti-sida, regrettant l’usage de "l’appareil répressif de l’Etat" contre "les membres les plus éminents de la société". Quarante-quatre militants d’une coalition anti-sida, qui s’étaient rassemblés, au Cap, pour dénoncer la politique de la ministre sud-africaine de la Santé, ont été arrêtés par la police pour manifestation illégale.

Afrique du Sud


Stephen Lewis, au cours de son discours de clôture à la 16e conférence sur le sida de Toronto, s’en est aussi pris à la politique sud-africaine de lutte contre le sida, dénoncée par les manifestants arrêtés vendredi 18 août 2006. "C’est le seul pays en Afrique dont le gouvernement continue à proférer des théories plus dignes de marginaux illuminés que d’un Etat préoccupé et capable de compassion", a déclaré le Canadien. "C’est le seul pays en Afrique, de tous les pays que j’ai traversés depuis cinq ans, dont le gouvernement reste obtu, dilatoire et négligent dans la mise à disposition des traitements. Entre 600 et 800 personnes meurent chaque jour du sida en Afrique du sud". "Certains vont dire que je n’ai aucun droit, en tant que responsable des Nations Unies, de dire cela d’un Etat membre. J’ai été nommé envoyé pour le sida en Afrique, et je considère que mon rôle est de défendre ceux qui vivent avec le virus, ceux qui meurent à cause du virus, tous ceux qui dans et hors de la société civile mènent le combat en faveur de la justice sociale", a dit M. Lewis, qui doit quitter son poste à la fin de l’année. "Ce n’est pas dans mon rôle que d’être réduit au silence par un gouvernement, quand je sais que ce qu’il fait est mauvais, immoral, indéfendable... C’est réellement inquiétant, lorsque l’appareil répressif de l’Etat est utilisé contre les membres les plus éminents de la societé".

Stephen Lewis

Les manifestants du Cap, qui répondaient à l’appel de la coalition d’ONG Treatment Action Campaign (TAC), ont accusé la ministre de la Santé, Manto Tshabalala-Msimang, d’être "incompétente" dans la distribution d’antirétroviraux (ARV) aux séropositifs sud-africains, a constaté une journaliste de l’AFP. "Arrêtez Manto !", scandaient les protestataires, rassemblés devant le siège du gouvernement provincial dans le centre-ville du Cap. Ils ont également réclamé la démission de Mme Tshabalala-Msimang, en dénonçant le rôle qu’elle attribue à l’ail, au citron et à la betterave comme "traitement alternatif" anti-sida. "Plutôt que d’aider (la lutte contre le sida), elle noircit les problèmes et embrouille les gens", a déclaré à l’AFP le porte-parole de TAC, Ralph Berold. "Nous sommes étonnés que le président (Thabo Mbeki) la conserve jusqu’à présent" au sein du gouvernement, a-t-il ajouté.

Des manifestants anti-sida, à Cape Town, le 18 août 2006

Le rassemblement a été dispersé par la police, selon laquelle la manifestation n’avait pas été autorisée. Quarante-quatre manifestants (seize femmes et vingt-huit hommes), dont le président de TAC, Zackie Achmat, ont été interpellés, a indiqué une source policière, en précisant qu’ils devraient être libérés avant la fin de la journée. Ils devraient être présentés, la semaine prochaine, à la justice, et inculpés pour violation de propriété. "Notre action d’aujourd’hui était illégale. Nous savions que certains de nos membres pouvaient être arrêtés, mais c’est une situation d’urgence", a affirmé le porte-parole de TAC. Les manifestants entendaient également "attirer l’attention" sur le cas de détenus séropositifs revendiquant le droit à des ARV gratuits, qui ont obtenu gain de cause en justice, mais ne recevaient toujours pas les médicaments. Un des ces prisonniers, incarcéré à Westville (Durban), est récemment décédé des suites du sida.

Une manifestante anti-sida, à Cape Town, le 18 août 2006

Le VIH-sida touche 5,54 millions de personnes en Afrique du Sud, selon le gouvernement. Pretoria affirme qu’un peu plus de 134000 malades bénéficient du programme gouvernemental gratuit de distribution d’ARV, tandis que 80000 autres sont traités grâce à des programmes subventionnés par des ONG ou le secteur privé.

Agence France Presse

Un Haïtien exhibe un fond d’écran d’ordinateur sur lequel on le voit avant qu’il bénéficie d’un traitement contre le sida financé par l’ONU. Sa famille avait déjà acheté son cercueil

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