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AFP, 19 août 2006

L’Afrique du Sud publie des chiffres sur le sida


Un point de distribution de préservatifs

JOHANNESBURG (AFP) - Le gouvernement sud-africain a publié, samedi 19 août 2006, les chiffres de sa "réponse" au VIH-sida, s’estimant victime d’une "attaque" de l’envoyé spécial de l’ONU pour le sida en Afrique, Stephen Lewis, à la clôture de la conférence sur la pandémie à Toronto, au Canada.

Afrique du Sud


Dans un discours prononcé, vendredi 18 août 2006, à la clôture de la conférence sur le sida, Stephen Lewis avait affirmé que le gouvernement sud-africain restait "obtus, dilatoire et négligent dans la mise à disposition des traitements" ARV. L’Afrique du Sud "est le seul pays en Afrique dont le gouvernement continue à proférer des théories plus dignes de marginaux illuminés que d’un Etat préoccupé et capable de compassion", avait-il martelé devant des milliers de participants.

Stephen Lewis

L’Afrique du Sud est l’un des pays les plus touchés par la pandémie avec 5,54 millions de personnes vivant avec le VIH ou le sida, d’après Pretoria. "Nous rejetons avec mépris la déclaration faite par Stephen Lewis pour ce qui concerne la réponse du gouvernement sud-africain au défi du VIH et du sida", déclare le porte-parole du ministère de la Santé, Sibani Mngadi, dans un communiqué intitulé "réponse à une attaque" de M. Lewis. Dans son discours, l’émissaire onusien a "comme par hasard évité les faits sur les programmes" mis en oeuvre dans le pays dans le cadre de la lutte contre le VIH-sida, accuse M. Mngadi. Or, assure le porte-parole, Pretoria "a triplé son budget alloué au VIH-sida ces quatre dernières années, en passant d’un milliard de rands (près de 111 millions d’euros) en 2002 à 3,5 milliards de rands en 2005 (près de 388 millions d’euros). Cette enveloppe représente 90 % des ressources actuellement utilisées" pour ces programmes. "A juin 2006, plus de 175000 personnes étaient sous traitement antirétroviral (ARV), et ces médicaments étaient fournis gratuitement par le gouvernement dans tous les 53 districts" sanitaires du pays, affirme-t-il. En outre, soutient-il, "plus de 340 millions de préservatifs masculins, et près de 3 millions de préservatifs féminins" sont aussi distribués chaque année, gratuitement, par le gouvernement, sans compter "un soutien nutritionnel" à une échelle peu comparable à celle d’autres pays. "Lewis aurait dû dire au monde quel autre pays en développement a investi autant de moyens que l’Afrique du Sud dans la mise en oeuvre de programmes de traitement, soutien et prévention pour la lutte contre le VIH-sida", ajoute Sibani Mngadi, soupçonnant l’envoyé spécial de l’ONU de vouloir se faire passer pour "un Messie des temps modernes en Afrique". "Sa déclaration ne devrait pas être perçue comme la position de l’ONU et de ses agences qui continuent de travailler avec le gouvernement sud-africain pour relever le défi du VIH et du sida", estime-t-il.

Une victime du sida à son domicile

La coalition d’ONG sud-africaines Treatment Action Campaign (TAC) a par ailleurs annoncé, samedi 19 août 2006, avoir invité M. Lewis à venir constater la "dure réalité" du VIH-sida. "Nous avons invité l’envoyé spécial de l’ONU en Afrique du Sud, pour lui montrer combien la réalité est dure" pour les séropositifs et malades du sida, a déclaré le président de TAC, Zachie Achmat, lui-même séropositif. "TAC l’a invité parce qu’il est le bienvenu pour les populations sud-africaines, même s’il ne l’est pas par notre gouvernement. Nous attendons sa réponse", a affirmé M. Achmat, qui était parmi environ 500 militants de TAC ayant manifesté, vendredi 18 août 2006, au Cap, pour dénoncer la politique de Pretoria en matière de VIH-sida. Il a été retenu pendant quelques heures, avec quarante-trois autres personnes, qui ont toutes été inculpées de violation de propriété.

Agence France Presse

Une femme s’occupe de sa petite-fille, dont la mère est morte du sida, à Soweto, le 15 juin 2005

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