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AP, 29 août 2006

Côte d’Ivoire : Les ravisseurs de Guy-André Kieffer ont été identifiés


Vue d’Abidjan

PARIS (AP) - Le juge d’instruction français en charge de l’enquête sur la disparition, à Abidjan, de Guy-André Kieffer, a pu identifier le commando qui a enlevé et probablement assassiné le journaliste franco-canadien en avril 2004, a-t-on appris, mardi 29 août, de sources judiciaires. Rentré, vendredi 25 août 2006, d’un séjour de quinze jours en Côte d’Ivoire, le juge Patrick Ramaël a pu y rencontrer des personnes qui avaient répondu à un appel à témoins lancé par la famille Kieffer dans la presse ivoirienne, a-t-on ajouté de mêmes sources.


Le juge a pu faire réaliser des fouilles à l’endroit désigné par un témoin comme la tombe du journaliste, mais le corps n’a pas été retrouvé, selon les mêmes sources. M. Ramaël a cependant acquis la certitude que Guy-André Kieffer a été enlevé par un commando appartenant au Front de libération du Grand Ouest, une milice proche du président ivoirien, Laurent Gbagbo, a-t-on ajouté de sources judiciaires. Le journaliste aurait ensuite été séquestré et interrogé dans deux endroits différents appartenant à Jean-Tony Oulaï, se présentant comme un capitaine de l’armée ivoirienne, puis assassiné. Son corps aurait été enterré dans la "ferme au poulet", propriété de M. Oulaï, puis déterré et enterré ailleurs, lorsque l’affaire a commencé à faire du bruit en Côte d’Ivoire, selon les mêmes sources. Le juge a pu établir une liste de dix-sept personnes qui auraient participé d’une manière ou d’une autre à l’enlèvement de Guy-André Kieffer, parmis lesquels cinq militaires appartenant à l’armée ivoirienne que M. Ramaël a souhaité entendre. Une demande refusée par les autorités ivoiriennes, a-t-on précisé de mêmes sources.

Guy-André Kieffer

Guy-André Kieffer a été enlevé, le 16 avril 2004, à Abidjan. Pour l’entourage du journaliste économique, spécialiste des matières premières et notamment de la filière cacao -ressource principale de la Côte d’Ivoire- sur laquelle il enquêtait au moment de sa disparition, il a été victime d’un "enlèvement politique".

Des sacs de cacao en attente d’exportation

Dans l’enquête française, deux hommes ont jusqu’ici été mis en examen pour "enlèvement et séquestration", mais pas pour assassinat. Il s’agit de l’homme d’affaires Michel Legré, beau-frère de Simone Gbagbo, l’épouse du président ivoirien. Il est également poursuivi en Côte d’Ivoire, notamment pour "complicité d’enlèvement et assassinat". Il a été détenu à Abidjan puis remis en liberté. M. Legré a mis en cause plusieurs personnes dans la disparition du journaliste, avant de revenir sur ses propos. L’autre homme mis en examen, en janvier 2006, en France, est Jean-Tony Oulaï. Il avait été d’abord été placé en détention provisoire, après avoir été interpellé en France. Puis, il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, en février 2006, après le retour de Côte d’Ivoire du juge d’instruction parti vérifier ses allégations.

Associated Press

Laurent Gbagbo

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