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mercredi 22 février 2017
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AP, 22 mars 2004

La Maison Blanche dément avoir négligé la menace Al-Qaïda avant le 11 septembre 2001


WASHINGTON (AP) - La Maison Blanche a démenti, lundi 22 mars 2004, les accusations de Richard Clarke, son ancien coordinateur de la lutte antiterroriste, qui affirme dans un livre publié lundi aux Etats-Unis que le président George W. Bush et son équipe ont négligé la menace représentée par Al-Qaïda dans les mois qui ont précédé les attentats du 11 septembre 2001.


"La simple comparaison de la rhétorique actuelle de Dick Clarke avec ses déclarations passées fait s’écrouler la base de ses assertions", a réagi le porte-parole de la présidence américaine, Scott McClellan, pour qui ces attaques "relèvent davantage de la promotion d’un livre que de vraie politique".

Dans son ouvrage intitulé "Against All Enemies" (Contre tous les ennemis), Richard Clarke raconte que Condoleezza Rice, la conseillère pour la sécurité nationale du président Bush, "a eu l’air sceptique" lorsqu’on a évoqué devant elle le nom d’Al-Qaïda début 2001.

"L’expression de son visage m’a donné l’impression qu’elle n’avait jamais entendu ces mots auparavant", écrit Richard Clarke. Selon l’ancien conseiller du chef de la Maison Blanche, Condoleezza Rice ne semblait pas très au fait des questions de sécurité dans le monde de l’après-guerre froide.

Richard Clarke, qui doit témoigner, mardi 23 mars 2004, devant une commission fédérale enquêtant sur les attentats du 11 septembre 2001, s’appuie sur sa rencontre avec Mme Rice pour illustrer l’incapacité de l’administration Bush à reconnaître la menace Al-Qaïda dans les mois précédant les attaques kamikazes contre New York et Washington.

Dans une tribune libre publiée dans l’édition de lundi 22 mars 2004 du "Washington Post", Mme Rice réfute une à une les accusations de l’ancien coordinateur.

"Avant le 11 septembre 2001, nous avons étroitement surveillé les menaces pesant sur notre nation", se défend la conseillère. "Le président Bush a relancé la pratique des réunions quotidiennes avec le directeur de la CIA et j’y ai assisté. J’ai régulièrement rencontré George Tenet et souvent supervisé les efforts an matière de lutte contre le terrsorisme."

Diplomate de profession, Richard Clarke a pris sa retraite en mars 2003 après 30 années passées au service des gouvernements américains. Il a notamment collaboré avec les présidents Ronald Reagan et George Bush, avant d’être nommé à la Maison Blanche en 1992 par Bill Clinton, qui l’a ensuite chargé de lutte antiterroriste.

Il affirme notamment avoir sollicité "d’urgence" une réunion du cabinet américain juste après l’investiture de George W. Bush pour discuter de la menaces représentée par le réseau d’Oussama ben Laden. Il raconte aussi qu’en avril 2001, le secrétaire adjoint à la Défense Paul Wolfowitz lui a reproché de "donner trop de crédit à Ben Laden", orientant la discussion sur l’Irak.

Dans son livre, l’ancien conseiller critique vivement l’actuel chef de la Maison Blanche, estimant que sa décision d’envahir l’Irak a généré un profond sentiment anti-américain au sein des populations arabes du monde entier. Il affirme que le président Bush lui a personnellement demandé, peu après le 11 septembre 2001, de déterminer si le régime de Saddam Hussein était impliqué dans les attentats.

"Rien de ce qu’aurait pu faire l’Amérique n’aurait pu fournir à Al-Qaïda et sa nouvelle génération de clones un meilleur moyen de recruter que notre invasion non-provoquée de l’Irak", déplore-t-il.

Le candidat démocrate à la présidentielle du 2 novembre 2004, John Kerry, a demandé à obtenir une série d’exemplaires du livre de Richard Clarke pour en étudier le contenu.

Le directeur de la communication de la Maison Blanche, Dan Bartlett, a de son côté relevé l’amitié de l’auteur avec le conseiller de Kerry sur les questions de sécurité nationale, Rand Beers, qualifiant de suspecte la parution d’un tel livre en pleine campagne électorale.

Associated Press

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