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mercredi 23 août 2017
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AFP, 6 octobre 2006

Informations internationales : Blocage au Conseil des droits de l’homme de l’ONU

par Patrick BAERT


Vue du Palais des Nations, à Genève

GENEVE (AFP) - Victime d’une division Nord-Sud, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies s’est avéré incapable de dénoncer les exactions commises au Darfour ou au Sri Lanka lors de sa session qui s’est achevée, vendredi 6 octobre 2006, à Genève.

Le cadavre d’un kamikaze, à Kandahar, en Afghanistan, le 2 octobre 2006


Le nouveau Conseil, créé au printemps pour remplacer une Commission des droits de l’homme discréditée, s’est résolu à ajourner ses travaux à fin novembre 2006 sans avoir adopté aucune des 44 résolutions qui lui ont été soumises en trois semaines de discussions. En réaction, les organisations de défense des droits de l’homme ont dénoncé l’inaction des 47 pays membres vis-à-vis des différentes crises de l’heure. "Face aux exactions au Soudan, aux attaques contre les civils au Sri Lanka et l’impunité des massacres en Ouzbékistan, ce conseil est resté largement silencieux", a déploré Peggy Hicks, de l’association Human Rights Watch. Les Etats-Unis, qui ne font pas partie du Conseil mais ont le statut d’observateur, se sont dits "déçus que la session ait accompli bien peu de choses". Devant les pays membres, l’ambassadeur Warren Tichenor a estimé que les pays démocratiques ont "la responsabilité de défendre les droits des victimes d’abus et de répression". L’administration américaine estime que le Darfour fait face à un véritable génocide pratiqué par des milices arabes soutenues par le gouvernement.

Des marchands de bois à Jaffna, au Sri Lanka, le 16 septembre 2006

L’Union européenne a bien déposé un texte sur la région soudanaise du Darfour, en proie à une guerre civile doublée d’une crise humanitaire qui ont fait au moins 200000 morts, selon l’ONU, depuis 2003. Ce texte souligne la "responsabilité première" du gouvernement soudanais, chargé de protéger tous ses ressortissants contre les violations des droits de l’homme. Mais les Européens n’ont pas pu se mettre d’accord avec le groupe africain, auteur d’une résolution concurrente qui évite de mentionner le rôle de Khartoum.

Des miliciens janjaweeds à Mistiria, au Darfour, le 5 octobre 2004

Les défenseurs des droits de l’homme considèrent que le nouveau Conseil n’a pas mis cinq mois pour retomber dans les travers de la défunte "Commission des droits de l’homme" gangrenée par des marchandages en coulisses entre Etats. "Le Conseil peine à se distinguer de son prédécesseur discrédité", a estimé Human Rights Watch. "Certains pays peu respectueux des droits de l’homme ont une stratégie très bien concoctée, alors que les Occidentaux paraissent moins bien organisés", a observé Mariette Grange, directrice de l’association à Genève. Le passage de la Commission au Conseil, qui compte 47 pays membres au lieu de 53, s’est fait au détriment des pays développés, qui ont perdu trois représentants, ainsi que l’Amérique latine. Proportionnellement, les pays d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient ont accru leur poids politique, d’autant que les Etats-Unis ont choisi de ne pas participer au Conseil, au moins dans sa première année d’existence, relève Mme Grange. Des pays comme l’Arabie Saoudite, la Chine, Cuba et la Russie font en revanche partie de l’instance. "Il faut regarder les chiffres et être réaliste ; les pays occidentaux ne sont plus que sept", plaide un diplomate européen, qui se rassure en soulignant que le Conseil n’en est qu’à ses débuts et a encore le temps de redresser la barre.

Des Palestiniens manifestent contre le mur israélien, à Bil’n, le 14 avril 2006

Amnesty international se veut également optimiste sur le futur fonctionnement de l’institution. La session a donné lieu à "un très bon dialogue" entre les pays membres et les rapporteurs indépendants pourtant souvent dénigrés par les régimes dictatoriaux, a relevé Peter Splinter, un responsable de l’association.

Patrick BAERT

Une exécution en Chine

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