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mardi 27 juin 2017
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AP, 23 mars 2004

Haïti : Jean-Bertrand Aristide boude l’offre d’asile du Nigeria


L’île de la Jamaïque se situe au Sud de Cuba, tandis que Saint-Kitts et Nevis se situent au Sud-Est de Puerto Rico

SAINT-JOHN’S, Antigua (AP) - Au grand dam de Washington, Jean-Bertrand Aristide reste pour l’instant aux Caraïbes. Le président déchu d’Haïti, accueilli depuis une semaine en Jamaïque, n’est pas intéressé par l’offre d’asile du Nigeria, ont fait savoir ses proches mardi 23 mars 2004.


Randall Robinson, un partisan d’Aristide, s’est entretenu par téléphone avec l’ancien président haïtien après l’annonce, lundi 22 mars 2004 au soir, par le Nigeria, de son offre d’asile provisoire. "Il n’a pas demandé à aller au Nigeria et ne le veut pas", a rapporté M. Robinson. "Il n’a pas fait une telle requête."

Randall Robinson

La Jamaïque a accordé à Aristide et son épouse Mildred un asile maximal de 10 semaines en attendant que le couple trouve une destination définitive.

Le Premier ministre jamaïcain P.J. Patterson a remercié le Nigeria pour son offre d’asile, mais a souligné que, pour le moment, le président haïtien déchu restait en Jamaïque. "Il est prévu que les Aristide continuent à jouir d’un séjour paisible en famille en Jamaïque", a-t-il fait savoir dans un communiqué après l’annonce de la proposition nigériane.

Percival J. Patterson

Officieusement, des responsables jamaïcains laissent entendre que Jean-Bertrand Aristide souhaite obtenir un point de chute en Afrique du Sud.

Lundi 22 mars 2004 au soir, le Nigeria a annoncé qu’à la demande de plusieurs dirigeants des Caraïbes, il acceptait d’accorder un asile provisoire sur son sol à l’ex-président Aristide, sans préciser si ce dernier en avait fait la demande ou s’il s’y était montré intéressé.

Owsegun Obasanjo

Jean-Bertrand Aristide a quitté Haïti le 29 février 2004, alors que les rebelles approchaient de la capitale, Port-au-Prince.

Il a affirmé, par la suite, que les Etats-Unis l’y avaient contraint, ce que Washington a démenti.

Le président déchu est arrivé, le 1er mars 2004, en République centrafricaine, où il a séjourné jusqu’au 15 mars 2004, avec sa femme et deux gardes du corps.

Jean-Bertrand Aristide à Bangui

Il s’est alors envolé pour la Jamaïque où il a rejoint ses deux filles. Randall Robinson accompagnait Aristide lors de ce vol Bangui-Kingston.

L’avion de Jean-Bertrand Aristide à l’escale de Dakar

Ce proche du président déchu se trouve actuellement à Saint-Kitts, aux Caraïbes, où se tient, à partir de jeudi 25 mars 2004, le sommet annuel de la Communauté des Caraïbes (Caricom), une organisation qui regroupe 15 Etats de cette région.

Selon M. Robinson, des partisans d’Aristide hors d’Haïti devraient se rendre à Saint-Kitts à cette occasion pour évoquer son sort avec les dirigeants des Caraïbes.

M. Robinson, ancien président de l’association TransAfrica -un groupe basé à Washington, qui suit la politique américaine à l’égard de l’Afrique et des Caraïbes-, accuse les Etats-Unis de vouloir éloigner à tout prix Aristide de la région caraïbe par crainte de sa popularité persistante sur l’île. "Si des élections avaient lieu demain en Haïti, Aristide serait réélu triomphalement", assure M. Robinson. "Les Etats-Unis sont furieux de cette perspective qui les pousse à se conduire de façon non démocratique et affreuse."

Le Premier ministre intérimaire haïtien Gérard Latortue, les Etats-Unis et d’autres pays, ont critiqué la Jamaïque pour avoir permis le retour d’Aristide dans les Caraïbes, craignant que ce séjour à proximité de son pays d’origine ne relance les tensions en Haïti.

Associated Press

A Port-au-Prince, le 22 mars 2004, un Haïtien vend des jouets bricolés avec des déchets de plastique

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