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vendredi 24 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (2ème partie) : Du 1er mars 2004 au 31 mars 2004
AFP, 23 mars 2004

Irak : journée sanglante sur fond de désaccords politiques


MAHAWIL (AFP) - Quatorze Irakiens, dont huit policiers en formation, ont été tués, mardi 23 mars 2004, dans des attaques armées, tandis que les Kurdes réaffirmaient leur exigence d’un Irak fédéral, à cent jours du transfert du pouvoir à un gouvernement intérimaire.


La montée de la violence intervient avant une mission de l’ONU, bien que le retour de l’organisation ne semble pas satisfaire le plus influent des chefs chiites d’Irak, le grand ayatollah Ali Sistani, qui a conditionné tout contact avec ses membres à son rejet de la Constitution provisoire.

A Mahawil, à une soixantaine de kilomètres au sud de Bagdad, huit élèves d’une académie de police de Hilla sont tombés sous les balles de sept inconnus. L’attaque contre le bus qui les transportait a également tué le chauffeur et un étudiant, selon le chef de la police de Mahawil, le lieutenant-colonel Eid Omran.

Deux autres élèves de l’académie ont été blessés, selon l’officier, qui a fait remarquer que les occupants du bus étaient en uniforme mais pas armés.

Les nouvelles forces de l’ordre, soutenues par la coalition, sont régulièrement visées par la guérilla dont les attaques ont fait ces derniers mois des centaines de morts parmi les policiers.

Deux autres policiers ont été tués dans une attaque à Kirkouk (255 km au nord de Bagdad), lieu de tensions permanentes entre Kurdes, Arabes et Turcomans, habitant cette riche ville pétrolière.

A Mossoul, grande ville du nord, agitée par une violence chronique, deux civils ont trouvé la mort et sept autres personnes blessées, dont un membre des services de sécurité, dans deux attaques séparées.

Au plan politique, les Kurdes ont répété leurs exigences d’un Irak fédéral, sans quoi ils menacent de ne plus y participer. "Nous n’adhèrerons pas à un Irak unifié une nouvelle fois sans obtenir de garanties constitutionnelles et internationales", a affirmé Mahmoud Ali Osmane, un Kurde indépendant membre du Conseil de gouvernement transitoire.

"En cas de violations des droits légitimes du peuple kurde à choisir son destin, nous nous tournerons vers les Nations Unies", a-t-il ajouté.

Ce rappel intervient alors que l’ayatollah Ali Sistani a conditionné tout contact de sa part avec l’ONU au rejet par l’organisation internationale de la Constitution provisoire, adoptée, le 8 mars 2004, par l’exécutif mis en place par la coalition.

De son côté, l’administrateur civil américain en Irak Paul Bremer a tenté de calmer les craintes des chiites de la Constitution provisoire, lors d’une visite à Najaf où vit l’ayatollah Ali Sistani, opposé à ce document.

Le dignitaire religieux a estimé, lundi 22 mars 2004, que le document était une "loi étrangère" imposée "par les forces d’occupation" et demandé à l’ONU d’adopter "une position claire affirmant que l’Assemblée nationale (irakienne) ne sera pas engagée par la loi fondamentale et que celle-ci ne figurera dans aucune résolution du Conseil de sécurité".

Lui répondant indirectement, M. Bremer a souligné qu’il "reviendra aux députés (de l’Assemblée nationale) et non à la coalition de décider ce qu’ils veulent inclure dans la Constitution" permanente.

Par ailleurs, 494 Irakiens capturés ont été libérés, a annoncé le colonel américain Jill Morgenthaler, assurant que ces personnes n’étaient plus considérées "comme une menace pour la sécurité du pays".

Selon la coalition, quelque 8000 Irakiens considérés comme dangereux pour la sécurité sont détenus dans les différentes prisons du pays, où les conditions des prisonniers ont été critiquées par différentes organisations de défense des droits de l’Homme.

Un haut responsable militaire de la coalition a indiqué que 186 prisonniers avaient déjà été libérés dimanche 21 mars 2004, et d’autres libérations devraient suivre.

Agence France Presse

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