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vendredi 23 juin 2017
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AFP, 30 octobre 2006

Corruption : Silvio Berlusconi et son ex-avocat anglais renvoyés devant la justice italienne

par Martine NOUAILLE


Vue de Milano

ROME (AFP) - Un magistrat milanais a décidé, lundi 30 octobre 2006, le renvoi devant la justice pénale de Silvio Berlusconi, pour corruption, aux côtés de son ex-avocat, le Britannique, David Mills, un nouveau revers pour l’ancien chef du gouvernement italien déjà sous le coup d’autres procès.

Italia


Le juge aux enquêtes préliminaires, Fabio Paparella, qui avait déjà validé, le 7 juillet 2006, des poursuites pour fraude fiscale contre M. Berlusconi, a renvoyé devant le tribunal de Milan l’homme politique et l’avocat. Le premier est accusé d’avoir versé au second 600000 dollars en échange de faux témoignages de l’avocat en sa faveur. Les défenseurs de M. Berlusconi ont aussitôt déposé une nouvelle requête en récusation contre le magistrat, en faisant valoir qu’il avait pris sa décision alors qu’une précédente requête déposée contre lui est toujours en cours d’examen par la Cour de cassation. Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, a dénoncé un "coup bas politique" porté au moment où l’ancien chef du gouvernement a lancé une offensive contre son successeur, Romano Prodi, en difficulté sur le budget 2007. Le juge Paparella a fixé le début du procès au 13 mars 2007.

Silvio Berlusconi

L’affaire remonte à la fin des années 1990, alors que Silvio Berlusconi et la Fininvest, la holding possédée par sa famille, étaient déjà aux prises avec la justice dans deux procès distincts pour corruption. Selon l’enquête, M. Berlusconi aurait fait virer par la Fininvest 600000 dollars, en 1997, sur un compte bancaire ouvert au nom de David Mills, en échange de faux témoignages lui permettant d’échapper à une condamnation. David Mills, 61 ans, avocat spécialisé dans l’ouverture de comptes dans les paradis fiscaux, a reconnu, dans un premier temps, avoir reçu cet argent de M. Berlusconi, "à titre de reconnaissance" pour son travail. Il est revenu ensuite sur ses déclarations, assurant que l’argent lui a été versé par un armateur italien, Diego Attanasio. Cette affaire a provoqué des remous en Grande-Bretagne, l’épouse de David Mills, Tessa Jowell, étant la ministre de la Culture de Tony Blair.

David Mills

Le dossier de corruption est dérivé d’une autre procédure judiciaire contre M. Berlusconi, poursuivi pour fraude fiscale dans le rachat de droits cinématographiques pour son groupe audiovisuel Mediaset. Le début du procès dans cette affaire a été fixé au 21 novembre 2006.

Mediaset

Par ailleurs la justice espagnole s’intéresse aussi à l’ancien chef de gouvernement italien, âgé de 70 ans, dans une affaire de fraudes fiscales liée à la chaîne de télévision Telecinco. Le juge Balthazar Garzon, prenant acte de la défaite de Silvio Berlusconi aux élections législatives d’avril 2006, a rouvert, début septembre, l’enquête gelée depuis 1997. M. Berlusconi est soupçonné d’avoir couvert une fraude de l’ordre de 108 millions d’euros, entre 1990 et 1993, alors qu’il était vice-président de la société Gestevision Telecinco, dont dépend la chaîne espagnole Telecinco, dans le cadre de son groupe Fininvest.

Martine NOUAILLE

Balthazar Garzon

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