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vendredi 23 juin 2017
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AP, 25 mars 2004

Côte d’Ivoire : Affrontements meurtriers à Abidjan ; les ex-rebelles et l’opposition quittent le gouvernement


ABIDJAN (AP) - Les ex-rebelles et le principal parti d’opposition ont suspendu, jeudi 25 mars 2004, leur participation au gouvernement ivoirien, quelques heures après des affrontements meurtriers entre forces de l’ordre et opposants à Abidjan.

Au moins 12 protestataires, qui tentaient de manifester pour réclamet l’application des accords de paix, signés en 2003, en France, ont été abattus lors de ces heurts.


"Nous avons suspendu notre participation au gouvernement afin de protester contre la tuerie d’aujourd’hui", a annoncé le porte-parole de l’ex-rébellion, Alain Lobognon, bientôt imité par Bictogo Adama, du Rassemblement des républicains (RDR) d’Alassane Ouatara.

"Nos militaires sont en pleine réunion pour voir la suite à donner à cette affaire", a indiqué pour sa part Guillaume Soro, chef des Forces nouvelles (ex-rébellion), interviewé par Radio France internationale (RFI).

De source proche de la présidence ivoirienne, on démentait toute répression violente d’une quelconque manifestation en assurant que "les opposants ne sont pas descendus dans la rue". Le rassemblement ayant été interdit par décret, "des individus armés proches de la rébellion s’en sont pris à l’armée, notamment dans les faubourgs nord", ajoutait-on de même source, en avançant le chiffre de six morts, "dont deux policiers assassinés".

L’armée française a confirmé le bilan de 12 morts tandis qu’un représentant du RDR, Bacongo Cissé, parlait de 31 personnes tuées dans différents quartiers de la ville.

Djedje Mady, porte-parole du PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire, ex-parti unique), a quant à lui fait état de 16 morts, d’un "grand nombre de blessés par balles" et d’arrestations.

La compagnie Air France a suspendu ses vols à destination de la Côte d’Ivoire, et la France, par l’intermédiaire du porte-parole du Quai d’Orsay Hervé Ladsous, a exprimé son "inquiétude" et appelé toutes les parties à la "retenue".

"C’est déplorable, l’armée ivoirienne doit arrêter de tirer sur la population", a déclaré le chef rebelle Cherif Ousmane depuis son bastion de Bouaké, dans le centre-nord du pays. "S’ils n’arrêtent pas, nous allons suspendre toutes les négociations à tous les niveaux."

La manifestation d’Abidjan, maintenue malgré l’interdiction officielle pour réclamer l’accélération de l’application des accords de Marcoussis, est le premier mouvement de protestation de grande ampleur visant le gouvernement du président Laurent Gbagbo depuis la fin de la guerre civile en 2003.

Témoin de la violence des heurts, le cadavre ensanglanté d’un policier gisait dans une rue du quartier d’Abobo (nord). Membre d’un groupe qui avaient tiré sur les manifestants avant d’être pris en chasse par la population, ce fonctionnaire a été acculé par la foule. Mady Traore, un habitant, a raconté : "Il est entré dans une cour. Nous avons défoncé la porte et l’avons rattrapé, puis nous l’avons frappé avec une brique. Quand il est tombé, un de nos amis l’a abattu."

Jeannot Koudou, conseiller du ministre de la Sécurité, a assuré que les forces de l’ordre étaient "intervenues pour maintenir l’ordre", lançant des gaz lacrymogènes et blessant plusieurs personnes. Mais il a nié qu’elles aient tiré sur la foule.

Le ministre de l’Intégration, Mel Theodore, a de son côté accusé l’opposition d’être responsable des violences.

De manière inexpliquée, les radios RFI, BBC et Africa No1 n’étaient plus captées à Abidjan, jeudi 25 mars 2004, dans la journée.

Pour que les habitants restent chez eux, le gouvernement avait accordé un jour de congé, ordonnant également la fermeture des écoles.

L’ambassade américaine avait mis en garde contre de possibles violences et avait appelé tous ses ressortissants à ne pas quitter leur lieu de résidence.

Associated Press

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