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mercredi 24 mai 2017
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AFP, 29 novembre 2006

Informations internationale : Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU est sermonné par Kofi Annan

par Denis ROUSSEAU


Un village pillé et incendié, au Darfour, en août 2004

GENÈVE (AFP) - Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a averti, mercredi 29 novembre, le Conseil des droits de l’homme que sa crédibilité était en jeu, six mois seulement après sa création, et lui a demandé d’organiser d’urgence une session spéciale sur le Darfour pour faire taire ses détracteurs. Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a succédé, en juin 2006, à la Commission, un organe discrédité par ses manoeuvres de couloirs, accusé d’adopter deux poids-deux mesures dans ses dénonciations des violations des droits de l’homme.

Des miliciens janjaweeds à Mistiria, au Darfour, le 5 octobre 2004


"Ce n’est qu’en vous montrant rigoureux et courageux que vous pourrez éviter de décevoir les nombreuses personnes partout dans le monde qui se tournent vers les Nations Unies pour y trouver un soutien dans leur lutte pour les droits de l’homme", a averti M. Annan, dans un discours adressé, mercredi 29 novembre 2006, au Conseil, réuni à Genève pour sa 3ème session ordinaire. "Il n’est pas trop tard" pour démentir les "critiques" et les "jugements prématurés" de ceux qui pensent que certains pays coupables de violations des droits de l’homme pourront désormais échapper à l’opprobre internationale, a assuré le secrétaire général dans son message, lu par Mme Louise Harbour, Haut commissaire aux droits de l’homme.

Kofi Annan

Le Conseil doit notamment éviter de retomber comme la défunte Commission dans "la fracture entre le nord et le sud, entre les pays développés et les pays en voie de développement", a mis en garde M. Annan. Et il ferait taire certains de ses détracteurs en tenant une session extraordinaire sur le Darfour, un cas qui "saute aux yeux", a-t-il insisté. Depuis sa création, en juin 2006, le Conseil des droits de l’homme a tenu trois sessions spéciales, toutes consacrées au conflit israélo-arabe. Cette question ne doit pas "monopoliser l’attention au détriment d’autres sujets qui constituent des violations aussi graves, voire plus graves" des droits de l’homme, selon le secrétaire général. "Des atrocités continuent à être commises quotidiennement" au Darfour, a ensuite renchéri Mme Arbour elle-même en mettant en cause directement les autorités soudanaises. "Le gouvernement du Soudan et les milices qui lui sont associées (...) continuent d’être responsables des violations les plus graves des droits de l’homme et du droit humanitaire", a-t-elle dénoncé. Province de l’ouest du Soudan, le Darfour est le théâtre d’une guerre civile et d’une grave crise humanitaire depuis février 2003. Selon l’ONU, le conflit a fait plus de 200000 morts et 2 millions de déplacés. Mardi 28 novembre 2006, le Conseil a adopté, par 25 voix contre 11 et 10 abstentions, une résolution du groupe africain sur le Darfour qui évite de mentionner le rôle du gouvernement soudanais dans ce conflit.

Louise Arbour

"Le Conseil des droits de l’homme doit préserver et renforcer le système des procédures spéciales -ce joyau de la couronne- tout en développant également une solide revue périodique universelle" pour débusquer les violations des droits de l’homme dans tous les Etats membres, a encore estimé M. Annan. Le secrétaire général prend ainsi fait et cause pour les rapporteurs spéciaux par pays, ces experts indépendants chargés d’examiner la situation des libertés fondamentales dans les pays et qui sont très contestés au sein du nouveau Conseil face à leurs défenseurs occidentaux, désormais très inférieurs en nombre. Sa mise en garde intervient au surlendemain de l’adoption par 30 voix contre 15 et 2 abstentions d’une résolution déposée par l’Algérie au nom du groupe africain demandant la mise en place d’un "code de conduite" pour les rapporteurs spéciaux, qui reviendrait à les museler. "Nous devons regarder les choses en face : les Etats ne sont pas seulement les protecteurs collectifs de nos normes internationales (des droits de l’homme) mais aussi, trop souvent, ceux qui violent ces normes", a souligné le secrétaire général.

Denis ROUSSEAU

Scène de torture à la prison d’Abou Ghraib, en Irak

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