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mercredi 23 août 2017
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Le Temps, 8 décembre 2006

Informations internationales : Promesses d’aide au développement non tenues

par Ram ETWAREEA et Pierre VEYA


Un cadavre sur une plage, après une coulée de boue, à Daraga, aux Philippines, le 7 décembre 2006

L’aide au développement en direction de l’Afrique subsaharienne a régressé en 2005. Selon l’OCDE, le continent a reçu 24,9 milliards de dollars, soit 2,1 % en moins qu’en 2004. Ces chiffres contredisent les promesses faites par les pays donateurs. En 2005, à Gleneagles, notamment, le G7 (les sept puissances industrielles) s’était engagé à doubler leur budget de la coopération.

Des Philippins dans les décombres de leur maison détruite par une coulée de boue, à Daraga, le 7 décembre 2006


En réalité, selon une astuce comptable, le montant global de l’aide au développement a augmenté de 32 % en 2005, passant à 106,8 milliards de dollars. Mais 22,7 milliards représentent l’annulation de la dette d’Irak et du Nigeria. Le montant global inclut l’aide humanitaire (en hausse, notamment pour venir en aide aux victimes du tsunami en Asie), les bourses d’études et les frais de l’asile dans les pays donateurs.

Vue du village de Marere, victime d’inondations, en Somalie, le 27 novembre 2006

Le budget d’aide au développement proprement dit a tout de même augmenté de 8,6% en 2005. Mais seuls l’Irak et l’Afghanistan en ont été les bénéficiaires. Les Etats-Unis, puis le Japon, la Grande-Bretagne et la France se classent parmi les premiers donateurs, toujours selon l’OCDE. Mais les seuls pays qui atteignent l’objectif de 0,7% du produit national brut, fixé par l’ONU, sont le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède. La Suisse, avec une contribution de 1,7 milliard de dollars, soit 0,44 % de son PNB, se trouve en queue de peloton. Les pays d’Europe de l’Est, mais aussi la Corée du Sud et la Turquie se profilent comme les nouveaux donateurs.

Ram ETWAREEA

Des habitants du village d’Ormale victimes d’inondations, en Somalie, le 27 novembre 2006

Les tricheurs et les autres

Chaque année, ils rivalisent de promesses. A chaque fois, ils promettent un effort considérable, définitif. Et invitent le monde entier à en être les témoins. Ils, ce sont les Etats, les stars et starlettes qui posent tout sourire aux côtés du secrétaire général de l’ONU. Le projet a même un nom de code, le « Millennium Project ». Les photographes partis, les télés occupées à d’autres mondanités, la réalité comptable est bien plus creuse et sans lumière : l’aide à l’Afrique stagne, ou baisse alors même que l’on a promis de la doubler d’ici à 2010. Plus sournois, les Etats font comme les sociétés cotées en Bourse qui ont de mauvais résultats : ils travestissent les chiffres pour donner l’illusion comptable d’un progrès. Ce sont des tricheries qui se doublent très souvent d’opérations de corruption lors du versement des aides.

Une affiche contre la corruption au Nigeria

Une très sérieuse étude allemande affirme même que « globalement » l’aide à l’Afrique a été inefficace mais également nuisible à son développement. On peut donc se consoler : il vaut peut-être mieux que l’on ne double pas l’aide à l’Afrique, du moins tant qu’il y aura des tricheurs patentés. Mais on peut se rassurer aussi sur un point : les pays nordiques sont honnêtes dans leurs dons et tiennent leurs engagements.

Pierre VEYA

Une salle de classe à Dakar

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