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Reuters, 20 décembre 2006

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo dévoile un nouveau plan de paix


Vue d’Abidjan

ABIDJAN (Reuters) - Le président ivoirien, Laurent Gbagbo, a dévoilé, mardi 19 décembre 2006, un plan en cinq points de réunification de son pays, coupé en deux depuis la guerre civile de 2002-2003. Ce plan apparaît comme un camouflet pour la "feuille de route" soutenue par l’ONU et présentée en novembre et à laquelle le chef de l’Etat, selon ses opposants, fait obstacle.


Dans un discours attendu de longue date et retransmis à la télévision, Laurent Gbagbo a proposé la tenue de nouveaux pourparlers aux Forces nouvelles (ex-rebelles), qui ont tenté de le chasser du pouvoir, lors de la guerre de 2002-2003, et a appelé au démantèlement de la zone tampon, où patrouillent les casques bleus de l’ONU, et qui sépare le nord du pays, tenu par la guérilla, et le sud, contrôlé par le gouvernement. La présentation de son plan fait suite à une série de consultations menées avec des organisations représentatives de la société civile, consultations consécutives à la présentation, en novembre 2006, d’une "feuille de route" soutenue par les Nations Unies.

Laurent Gbagbo

Le chef de l’Etat préconise des solutions de paix inventées par les Ivoiriens eux-mêmes, car il estime que les efforts internationaux ont échoué les uns après les autres. "L’objectif de toutes ces propositions est de mettre un terme à la crise par des élections. Je souhaite que des élections se tiennent le plus rapidement possible", a expliqué Laurent Gbagbo, en ajoutant que les élections, retardées depuis longtemps, pourraient avoir lieu d’ici juillet 2007, avant la date butoir fixée par l’ONU. Le plan des Nations Unies confie au Premier ministre de transition, Charles Konan Banny, le soin de procéder au désarmement des rebelles et à l’organisation d’élections d’ici la fin octobre 2007. Laurent Gbagbo, lui, dit vouloir boucler les négociations sur le désarmement d’ici la fin janvier 2007. Son plan n’aborde toutefois pas directement la principale préoccupation des rebelles : ceux-ci exigent d’avoir des papiers d’identité avant de poser les armes, mais contestent le cadre dans lequel doit se faire l’établissement de documents d’identité, qui doit reprendre dans les semaines à venir.

Charles Konan Banny

Laurent Gbagbo assure ne vouloir mettre en oeuvre aucune mesure du plan de l’ONU qui limite son autorité constitutionnelle, et il s’est trouvé à cet égard en conflit avec Charles Konan Banny. Laurent Gbagbo a estimé, d’autre part, dans son allocution, qu’il fallait envisager l’idée du remplacement du gouvernement de réconciliation dirigé par Charles Konan Banny, mais pas dans un avenir proche.

Vue d’Abidjan

Le mandat constitutionnel de cinq ans de Laurent Gbagbo a expiré en octobre 2005, mais il a été maintenu au pouvoir en vertu d’un arrangement soutenu par l’ONU, les élections n’ayant pu avoir lieu à la date prévue. Une deuxième date butoir est passée en octobre 2006, sans que le scrutin ait lieu et l’ONU a donné à Laurent Gbagbo un an de plus. Les derniers pourparlers à avoir eu lieu entre Laurent Gbagbo, le chef rebelle, Guillaume Soro, et les principaux dirigeants de l’opposition, se sont tenus, en septembre 2006, sous l’égide du président de l’Union africaine, le Congolais Denis Sassou N’Guesso, et ils ont pris fin sans aucun accord.

Reuters

Guillaume Soro Kigbafori

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