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10 janvier 2007

Corruption : Le comportement irresponsable des services sociaux genevois à l’égard des malades

par Frank BRUNNER


Vue de Genève

Chacun sait que certaines maladies, comme un trouble de la glande tyroïde, provoquent des perturbations comportementales chez les malades. Il existe même une maladie qui amène le malade à proférer des injures et des grossièretés. Les effets secondaires de certains traitement médicaux provoquent également des perturbations comportementales telles que l’insomnie, l’anorexie, l’angoisse, l’agressivité, etc... Dans tous les cas, le malade est une victime à qui on ne saurait reprocher son état.

Or, à l’Hospice Général -le service social du canton de Genève-, on ne tient strictement aucun compte de l’état de santé des malades et on n’hésite pas à invoquer les symptômes comportementaux liés à leur maladie pour réclamer contre eux des sanctions administratives sous la forme d’une diminution du « minimum vital » qu’ils reçoivent. L’esprit maison est caractérisé par une telle absence d’éthique que, dans le but de se poser en victimes, les assistants sociaux n’hésitent pas à calomnier les malades en dénaturant leurs propos et en passant sous silence leur état de santé.

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Le cas suivant est celui d’un malade subissant, depuis dix-huit mois, un traitement contre l’hépatite C. Il s’agit d’une maladie potentiellement mortelle si elle n’est pas soignée. Le seul traitement existant provoque de graves et nombreux effets secondaires, parmi lesquels l’épuisement physique, un affaiblissement considérable du système immunitaire et une impossibilité à gérer les émotions. Le malade est tellement « à cran » que, dans une situation où, normalement, il serait simplement agacé par une contrariété, sous l’effet du traitement médical il aura tendance à « péter les plombs » et à perdre le contrôle de lui-même au point de ressentir des pulsions homicides. Il s’agit là d’un effet secondaire extrêmement dangereux et effrayant pour le malade lui-même. C’est le genre de situation où une dispute à propos du programme de la télévision peut dégénérer en meurtre.

On mentionnera que ce traitement médical a été prévu pour être subi pendant six mois seulement. Il a dû être prolongé parce que le virus avait survécu. Il en résulte que, pour le patient, les doses s’accumulent depuis dix-huit mois et que les effets secondaires s’aggravent. Un enfant âgé de 10 ans comprendrait aisément qu’un malade dans cet état a, par-dessus tout, besoin qu’on le laisse tranquille. C’est pourtant trop demander à l’Hospice Général. On y considère dogmatiquement que, dès l’instant où un malade n’est pas hospitalisé, il est censé se soumettre normalement aux exigences administratives et on le convoque, chaque mois, pour des entretiens où on n’a rien à lui dire -on parle littérature-, ou on ne cesse d’exiger de sa part des démarches administratives, sans se soucier de son état de santé.

Le virus de l’hépatite C

Notre malade a commencé par protester contre les convocations de routine, pour le motif qu’en raison de l’affaiblissement de son système immunitaire il courait un risque élevé d’être contaminé dans la salle d’attente. L’Hospice Général a refusé de tenir compte de son état de santé, menaçant aussitôt de lui « couper les vivres ». Le médecin a alors écrit à l’Hospice Général, en demandant qu’on cesse de convoquer le malade sans nécessité impérative. « Nous avons bien reçu l’attestation médicale du 5 décembre 2006 où il est demandé qu’étant donné votre état physique et psychique nous ne devrions vous convoquer que si cela semble impératif dans le cadre des démarches administratives. Pour l’instant et dans la mesure du possible uniquement, nous acceptons d’en tenir compte. » C’est-à-dire que le personnel de l’Hospice Général n’accorde aucune importance aux certificats médicaux et aux interventions des médecins. C’est une attitude totalement irresponsable. On considère que le malade n’a aucun droit. Ce qu’on lui concède est « à bien plaire ».

Le médecin a rédigé une nouvelle lettre à l’intention de l’Hospice Général, dans laquelle il écrit : « Il apparaît qu’après mon courrier du 5 courant, mon patient est encore importuné par des demandes administratives incongrues. Je demande que mon patient ne soit plus convoqué pour quelque motif administratif que ce soit, et ce jusqu’à la fin du traitement en cours, en raison des risques encourus pour sa santé. Je me dégage de toute responsabilité si toutefois m’a demande n’est pas respectée. »

Représentation du virus de l’hépatite C

Dans le même temps, l’assistante sociale et son chef d’unité ont expédié, au malade, une « lettre d’avertissement » censée précéder des sanctions administratives. Dans cette lettre, ces deux fonctionnaires du charity business, se donnant des airs de martyrs, reprochent au malade l’état d’exaspération qu’ils ont eux-mêmes délibérément provoqué, en affectant d’ignorer que cet état d’exaspération est dû aux effets secondaires du traitement médical. C’est-à-dire qu’on exaspère le malade pour, ensuite, lui reprocher de s’énerver et on réclame des sanctions à son encontre. Comme on ne craint pas de s’abaisser à la calomnie, on dénature les faits et les propos avec une flagrante mauvaise foi. Ainsi, l’assistante sociale reproche au malade le ton de sa voix, ses gestes, des « paroles blessantes », et prétend avoir été « menacée » et « intimidée » par le malade, alors qu’en réalité le malade lui décrivait au téléphone les effets secondaires du traitement médical, dans l’espoir de lui faire prendre conscience du danger qu’elle provoquait avec son attitude irresponsable.

Ou encore, dans sa « lettre d’avertissement », l’assistante sociale dénature une anecdote au cours de laquelle elle avait déclaré au malade obéir aux ordres. Le malade lui a répondu que, depuis le procès de Nuremberg, ce n’est plus considéré comme une excuse. Sous la plume fielleuse de l’assistante sociale, cette réplique se transforme en accusation d’avoir « assimilé l’Hospice Général au régime nazi ». Par-dessus le marché, l’assistante sociale menace de déposer une plainte pénale contre le malade.

Vue du siège de l’Hospice Général

Autant dire que, dans le canton de Genève, les pauvres -surtout s’ils sont malades- ont besoin d’un avocat pour se défendre contre leurs « bienfaiteurs ».

Frank BRUNNER

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    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source