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dimanche 30 avril 2017
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AFP, 18 janvier 2007

Corruption en Guinée

par Mouctar BAH


Vue de Conakry

CONAKRY (AFP) - Les manifestations ont repris, jeudi 18 janvier, en Guinée, malgré la répression policière, au neuvième jour d’un mouvement de grève générale illimitée marquée, mercredi 17 janvier 2007, par des heurts entre manifestants et forces de l’ordre qui ont fait deux morts et plusieurs blessés.

Guinée


Le 10 janvier 2007, l’intersyndicale Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG)/Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) a déclenché une grève générale illimitée, largement suivie jusqu’à présent, pour protester contre la corruption, les détournements de fonds publics et l’"ingérence" du président Conté dans les affaires judiciaires. L’intersyndicale reproche à M. Conté d’avoir libéré, à la mi-décembre 2006, l’ex-président du patronat, Mamadou Sylla, et l’ancien ministre, Fodé Soumah, pourtant inculpés de détournement de fonds publics. Les syndicats ont appelé, mercredi 17 janvier 2007, dans une lettre le président de l’Assemblée nationale, Aboubacar Somparé, à "saisir la Cour suprême (...) pour constater la vacance du pouvoir" devant la "dégradation" de l’état de santé du président. Une fois constatée la vacance du pouvoir, les syndicats demandent "la tenue d’un débat national pour décider de ce qui doit être fait", a précisé M. Touré. Il s’agit de la troisième grève générale en un an dans ce pays d’Afrique de l’ouest en proie à une grave crise économique et sociale, dirigé, depuis 1984, par le général Conté, affaibli notamment par un diabète.

Lansana Conté

Mercredi 17 janvier, les heurts qui ont opposé policiers et manifestants à Conakry et dans d’autres villes de province ont fait deux morts, selon un nouveau bilan établi, jeudi 18 janvier, par l’AFP. Un jeune homme âgé de 20 ans a été tué par balles, à Labé, lors d’une manifestation dispersée par la police, ont rapporté, jeudi 18 janvier, des témoins à l’AFP. Mercredi 17 janvier, la Croix-Rouge guinéenne avait annoncé le décès d’un enfant âgé de 10 ans, touché par une balle perdue dans la commune de Ratoma, alors que des responsables de centres de santé joints par l’AFP ont fait état de nombreux blessés, la plupart légèrement atteints. Les forces de l’ordre avaient procédé à plusieurs dizaines d’arrestations, selon des témoins. Mercredi 17 janvier au soir, lors d’une brève rencontre avec des leaders syndicaux, à Conakry, le président, Lansana Conté, a proféré des menaces physiques à leur encontre, ont rapporté à l’AFP plusieurs d’entre eux sous couvert de l’anonymat. "Nous maintenons la grève et des manifestations sur tout le territoire. On n’a pas fermé la porte aux négociations, mais il faut un climat serein. Or les autorités ne nous ont pas vraiment permis d’expliquer nos problèmes", a déclaré, jeudi 18 janvier 2007, à l’AFP, Yamodou Touré, secrétaire général de l’organisation nationale des syndicats libres de Guinée (ONSLG).

Mamadou Sylla

Jeudi 18 janvier au matin, à Conakry, plusieurs véhicules calcinés et endommagés jonchaient le boulevard "Le Prince" qui relie la banlieue au centre-ville, a constaté un journaliste de l’AFP. De nouvelles manifestations rassemblant plusieurs centaines de personnes ont eu lieu, jeudi 18 janvier 2007, dans les communes de Simbaya, Lambanyi, Matoto et Hamdallaye, dans la banlieue de Conakry. Elles ont été dispersées par les forces de l’ordre, selon des témoins contactés par l’AFP. D’autres marches organisées à Télémélé, Mamou et Kankan ont également été dispersées par des policiers appuyés par des militaires, qui ont tiré des balles en caoutchouc et des grenades de gaz lacrymogènes. Aucune des sources syndicales et sanitaires contactées par l’AFP n’avait fait état de blessés à la mi-journée.

Mouctar BAH

Fodé Soumah

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