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AP, 23 janvier 2007

Guinée : Féroce répression des manifestants


Des manifestants

CONAKRY (AP) - Au moins une dizaine de personnes ont été tuées, lundi 22 janvier 2007, et 115 autres blessées, à Conakry, dans les affrontements entre forces de sécurité et manifestants réclamant le départ du président guinéen, Lansana Conté, selon des sources hospitalières. Georges Cunz, directeur de la Croix-Rouge guinéenne, a fait état d’au moins douze morts, tout en estimant que le bilan était supérieur.

Guinée


La Guinée est paralysée par une grève générale depuis près de deux semaines. Depuis le 10 janvier 2007 et le début du mouvement, déclenché après la libération de deux proches du pouvoir poursuivis pour corruption, la pression ne fait que monter pour réclamer le départ du général Conté, 72 ans, qui occupe le pouvoir depuis un coup d’Etat militaire, en 1984, après la mort du dictateur Sékou Touré. Diabétique et gravement malade, donné mourant par la rumeur depuis de longs mois, Lansana Conté se rendrait fréquemment en Suisse pour des soins médicaux destinés à traiter un problème au coeur. Samedi 20 janvier 2007, s’adressant au pays pour la première fois depuis le début de la crise, Lansana Conté a appelé l’armée et ses concitoyens à le soutenir, affirmant que c’est "Dieu qui donne le pouvoir". Le régime de Lansana Conté est de plus en plus critiqué, en plein marasme économique. Le franc guinéen se déprécie, alors que les prix des biens de première nécessité augmente dans ce pays pauvre de 10 millions d’habitants, qui possède presque la moitié des réserves mondiales de bauxite. Alors qu’aucun successeur n’apparaît clairement, beaucoup craignent que le conflit ne dégénère en guerre civile si le général décédait ou était renversé.

Lansana Conté

Les tirs d’armes automatiques résonnaient dans Conakry, où les affrontements se poursuivaient. Selon Ousmane Bah, médecins aux urgences, la plupart des victimes ont été touchées par balles. Dix cadavres criblés de balles ont été amenés à l’hôpital du quartier de Donka. "Il y en a peut-être d’autres, je ne sais pas, nous sommes débordés", a-t-il ajouté. D’après des témoins, les forces de l’ordre ont tiré, en l’air dans un premier temps, pour disperser plusieurs milliers de personnes qui marchaient en direction du palais présidentiel à Conakry, lançant des pierres sur les gendarmes et l’armée. "Ils tirent en l’air pour effrayer les manifestants, mais la population continue à marcher", a expliqué Laila Hattie, une coiffeuse ayant assisté aux confrontations.

Des manifestants

Au moins dix personnes avaient été tuées jusqu’à lundi 22 janvier 2007, et le mouvement s’est radicalisé, avec le soutien de plus en plus ouvert de la population. Les syndicats ont désormais juré de poursuivre le mouvement jusqu’à la chute du général-président, qui vit là la plus grave menace sur son régime depuis son arrivée au pouvoir.

Associated Press

Une victime de la répression

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source