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lundi 20 février 2017
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AP, 25 mars 2004

Côte d’Ivoire : Guillaume Soro réclame une intervention internationale pour assurer la fin des violences


ABIDJAN (AP) - Le chef des Forces nouvelles (ex-rébellion) Guillaume Soro a appelé, samedi 27 mars 2004, la communauté internationale à intervenir en Côte d’Ivoire pour assurer la fin des violences et prévenu que le président Laurent Gbagbo "respire l’air de ses derniers jours au pouvoir".


Samedi 27 mars 2004, un calme précaire régnait à Abidjan, où les tirs se faisaient encore entendre la veille. Des milliers de jeunes partisans de Laurent Gbagbo ont défilé, dans les rues quasiment désertes, sous la protection des policiers et soldats.

Les "jeunes patriotes" ont convergé vers le quartier de Treichville dans le sud de la ville, où le chef des jeunes patriotes Charles Blé Goudé a pris la parole lors d’un rassemblement. "Les rebelles ont peur de désarmer et ils ne veulent pas la paix", a-t-il lancé. "La Côte d’Ivoire est à la croisée des chemins. Libérez-vous et menez le combat de la République".

Soldats et policiers continuaient de ratisser la ville, selon le ministre de la Réconciliation Dano Djedje, un membre du parti de Laurent Gbagbo. "Nous trouvons des armes cachées partout", a-t-il affirmé, faisant allusion aux fiefs de l’opposition dans la ville. "C’est le vrai problème. Ils veulent faire tout ce qui est possible pour empêcher l’arrivée de casques bleus".

Les Nations Unies doivent normalement déployer, à partir du 4 avril 2004, une force de 6240 hommes pour appuyer les quelque 4000 militaires français et les 1400 soldats ouest-africains qui se trouvent déjà dans le pays.

Les affrontements qui ont opposé partisans de l’opposition aux forces de l’ordre appuyées par les fidèles de Gbagbo ont fait plusieurs dizaines de morts, jeudi 25 mars et vendredi 26 mars 2004, à Abidjan, les pires troubles depuis la conclusion des accords de Marcoussis en janvier 2003 en France.

"Avant nous étions unis par Marcoussis. Mais, depuis jeudi 25 mars 2004, c’est le sang qui nous unit, et la communauté internationale ne dit rien", a déploré l’opposant Guillaume Soro devant un rassemblement de plusieurs milliers de personnes à Bouaké, ex-fief rebelle dans le centre du pays. "Les Américains sont intervenus en Irak et en Haïti. Pourquoi pas en Côte d’Ivoire", a-t-il dénoncé.

Guillaume Soro ajouté qu’il ne négocierait pas avec Laurent Gbagbo, qui a annoncé qu’il aurait des discussions avec les partis d’opposition, lundi 29 mars 2004, pour les convaincre de revenir au gouvernement. "Il nous a demandé de venir discuter. Pas question", a lancé l’ex-chef rebelle. "Gbagbo respire l’air de ces derniers jours au pouvoir".

De son côté, un porte-parole des anciens rebelles Alain Lobognon a estimé que l’armée française "aurait dû réagir" après les premiers décès de civils dans les violences de cette semaine.

Les anciens rebelles, qui contrôlent la moitié nord du pays, ont quitté, jeudi 25 mars 2004, le gouvernement de partage du pouvoir, après l’intervention des forces de l’ordre pour empêcher des manifestations de l’opposition, intervention qui a déclenché de sanglants combats de rue entre les deux camps. Human Rights Watch, une association de défense des droits de l’Homme basée à New York, a accusé les autorités d’employer une "force excessive".

Laurent Gbagbo tout en exhortant l’opposition à revenir au pouvoir, l’a accusé d’avoir provoqué les dernières violences.

Associated Press

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