retour article original

lundi 24 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Corruption Corruption en France
Reuters, 27 janvier 2007

Corruption : La police française perquisitionne à la mairie de Bordeaux


Vue de Bordeaux

BORDEAUX (Reuters) - Une perquisition a été conduite, vendredi 26 janvier, à la mairie de Bordeaux, dans l’enquête visant la spoliation présumée d’une octogénaire, où une adjointe d’Alain Juppé et un haut fonctionnaire de la mairie sont mis en examen, a-t-on appris, samedi 27 janvier 2007, de source proche du dossier.

France


Les policiers se sont intéressés au bureau de Jean-François Lhérété, directeur général des Affaires culturelles de la ville et ancien banquier, mis en examen et laissé en liberté sous contrôle judiciaire, a-t-on précisé. Les quatre personnes mises en examen pour "association de malfaiteurs, abus de faiblesse, abus de confiance, vols en réunion sur personne particulièrement vulnérable" ou complicité de ces délits, son suspectés d’avoir spolié une riche dame de 84 ans, Jeanine Terrasson, placée sous curatelle renforcée. Les suspects sont l’avocate Martine Moulin-Boudard, adjointe d’Alain Juppé chargée de la mise en valeur du patrimoine culturel, Jean-François Lhérété, François-Xavier Bordeaux, ancien leader de l’opposition municipale, recruté par Alain Juppé comme chargé de mission, et Nicole Dumont, cartomancienne connue pour avoir dans sa clientèle des personnalités locales. Les deux derniers sont en détention provisoire. Des biens mobiliers, oeuvres d’art et bijoux appartenant à la vieille dame ont été retrouvés dans une cache et chez Jean-François Lhérété, souligne l’accusation. Selon le journal Sud-Ouest, le parquet va faire appel de la remise en liberté de ce dernier et de Me Moulin-Boudard, point qui sera examiné par la chambre de l’instruction.

Jean-François Lhérété

Les avocats de la défense nient toute infraction et ont dénoncé une enquête "orientée et à charge". Selon eux, les suspects ont, en réalité, aidé la vieille dame et les transactions visées par les poursuites ne sont pas des vols mais des remboursements. Selon Me Fabrice Delavoye, Nicole Dumont a une relation amicale avec l’octogénaire depuis plus de vingt ans et elle est sa légataire universelle. L’avocat assure que la cartomancienne a apporté 80000 euros à la vieille dame. Elle aurait, selon lui, été abandonnée par son tuteur, dont la plainte a lancé l’affaire. Nicole Dumont a certes commis "une erreur d’appréciation", en s’appropriant le patrimoine dont elle devait hériter, mais il s’agissait de rembourser ses frais, dit Me Delavoye. Les avocats de François-Xavier Bordeaux et Nicole Dumont ont déposé une demande de remise en liberté en référé qui sera examinée par la chambre de l’instruction lundi 29 janvier 2007. L’avocat de Jean-François Lhérété affirme, de son côté, que son client a prêté, sans contrepartie, à la vieille dame, une somme de 40000 euros.

Martine Moulin-Boudard

Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, s’est refusé, samedi 27 janvier 2007, à tout commentaire. Prié par des journalistes de dire s’il souhaitait faire une déclaration, en marge d’une visite à l’église Saint-Paul, l’ancien Premier ministre a répondu : "sûrement pas, je fais preuve de retenue dans tout ça".

Reuters

Nicole Dumont

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source