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Reuters, 28 janvier 2007

Guinée : Les syndicats suspendent la grève après un accord avec le gouvernement


Des véhicules incendiés, à Conakry, le 20 janvier 2007

CONAKRY (Reuters) - Les syndicats guinéens ont suspendu, samedi 27 janvier 2007, la grève générale engagée il y a dix-huit jours, après avoir contraint le gouvernement du président, Lansana Conté, d’accepter la nomination d’un Premier ministre de consensus et la réduction des prix des combustibles et du riz.

Guinée


"L’entité centrale a décidé la suspension de la grève et elle invite tous les travailleurs de Guinée à reprendre le travail", a déclaré, samedi 27 janvier au soir, lors d’un meeting, à Conakry, Ibrahima Fofana, président de la fédération syndicale. Le mouvement avait été déclenché, le 10 janvier, pour tenter d’obtenir le départ du président Conté, septuagénaire diabétique à la santé fragile, jugé incapable par les dirigeants d’organisations syndicales d’encore diriger le pays. Les accrochages entre forces de sécurité et manifestants ont fait au moins soixante morts, selon des défenseurs des droits de l’homme, et le mouvement a suspendu les exportations de bauxite, dont la Guinée est le premier exportateur mondial. Les dirigeants syndicaux ont demandé une commémoration actuelle de la journée du 22 janvier 2007, la plus meurtrière de la grève générale, au cours de laquelle des dizaines de manifestants ont été tués par la police alors qu’ils tentaient de gagner le centre administratif de Conakry. "Je voudrais demander que la date du 22 janvier de chaque année soit désormais consacrée journée nationale du souvenir et de la réconciliation en vue de renforcer les bases de l’unité nationale et de la paix dans notre pays", a déclaré Rabiatou Sira Diallo, dirigeant de la confédération syndicale CNTG.

Ibrahima Fofana

L’accord de samedi 27 janvier 2007, signé par les présidents de la Cour suprême et de l’Assemblée nationale, ainsi que par les dirigeants syndicaux et un représentant du patronat, officialise la nomination d’un nouveau Premier ministre de consensus chargé de la gestion des affaires au jour le jour. Les organisateurs de la grève ont dit que le poste devait être rempli dans les prochains jours. Le négociateur syndical Ousmane Souaré a expliqué que l’accord présentait le nouveau Premier ministre comme le chef de gouvernement par délégation, une concession à l’autorité de Conté. "Nous avons accepté cette phrase, parce que sinon il aurait bloqué les négociations", a dit Ousmane Souaré à Reuters. L’accord plafonne aussi les prix des produits de première nécessité, dans un pays où l’inflation galopante a entraîné de grandes difficultés. A compter du 1er février 2007, le prix de l’essence et du gasole est fixé à 4300 francs le litre (0,72 dollars) et le sac de 50 kilos de riz ne devra pas dépasser 97500 francs guinéens. Par l’accord, le gouvernement s’engage à poursuivre les faits de corruption, en particulier à l’encontre de deux anciens alliés de Conté, en faveur desquels le président est intervenu personnellement, rn décembre 2006, pour les faire sortir de prison.

Des manifestants, à Conakry, le 22 janvier 2007

L’accord demande aussi que tous les avoirs des compagnies minières étrangères opérant en Guinée, notamment le géant américain de l’aluminium Alcoa, le canadien Alcan et le russe Rusal, soient domiciliés dans le pays, bien que ce point puisse être négocié avec le futur Premier ministre. La production de la compagnie nationale de bauxite CBG avait déjà repris, samedi 27 janvier 2007, dans le cadre d’un accord entre la direction et les syndicats, mais les exportations du port de Kamsar n’avaient pas encore redémarré.

Reuters

Le cadavre d’un manifestant tué, à Conakry, le 22 janvier 2007

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