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vendredi 18 août 2017
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AFP, 5 février 2007

Informations internationales : Le Comité pour la protection des journalistes s’en prend aux groupes armés et aux gouvernements

Suivi d’un commentaire


Un journaliste et un soldat américain en Irak

NEW YORK (AFP) - Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) tire un sombre bilan pour la liberté de la presse, dans un rapport annuel qui critique autant les groupes armés que certains gouvernements, accusés de recourir à des méthodes de contrôle toujours plus voilées.

Qu’il s’agisse du contrôle de la presse en Russie ou de restrictions de l’internet en Chine, l’organisation new-yorkaise souligne que les gouvernements passent de la répression ouverte à des formes plus subtiles pour museler les médias.

Hrant Dink


Si les journalistes restent protégés par le droit international, "ces protections existent de plus en plus sur le papier seulement, à une époque où même les responsables américains qualifient les conventions de Genève de "vieillottes", relève le rapport. Le texte critique entre autres les présidents vénézuélien, Hugo Chavez, et russe, Vladimir Poutine, qui "représentent une génération de leaders élus sophistiqués, ayant créé un cadre légal pour contrôler, intimider et censurer les médias" : "la montée des "démoctateurs" -autocrates élus- est alarmante, car elle représente un nouveau modèle de contrôle gouvernemental".

Hugo Chavez

"Certainement, il reste des pays qui s’appuient encore sur une force brute. Par exemple Cuba et l’Erythrée, où des douzaines de journalistes sont emprisonnés. Mais la répression manifeste, de plus en plus, a laissé place à d’autres techniques," ajoute le texte. Le Comité pour la protection des journalistes évoque "l’indifférence calculée", relevant que personne n’a jamais été traduit en justice pour 85 % des meurtres de journalistes recensés ces quinze dernières années. Et "cette violence jamais résolue entraîne une auto-censure massive".

Vladimir Poutine

Le rapport s’alarme aussi de la situation en Irak, "le conflit le plus dangereux de l’histoire du Comité pour la protection des journalistes, (où) les insurgés visent si souvent les reporters que plus des deux tiers des morts dans les médias sont des meurtres", relève le directeur, Joel Simon, dans le rapport. "Les journalistes traditionnellement comptent plus sur le bon sens que sur le droit international pour rester en vie en zones de guerre, promettant souvent aux groupes d’insurgés et guerrillas de faire passer leur message au monde. Or nombre d’insurgés aujourd’hui ne sont pas intéressés par cet échange, préférant parler via internet". Le Comité pour la protection des journalistes ajoute que si rien ne prouve que la mort des quatorze journalistes tués par les forces américaines ait été délibérée, aucune n’a fait l’objet d’une enquête appropriée de l’armée.

Agence France Presse

Des résistants irakiens à Ramadi, le 5 décembre 2006

Commentaire

On relèvera que, d’une manière générale, les politicards supportent fort mal la critique. Cela résulte de leur obsession de "l’image", qu’il s’agisse de "l’image du parti" ou leur "image" personnelle. Le plus souvent, cette image est totalement factice et procède d’une imposture. Plus l’imposture est grossière et plus le politicard tient à préserver "l’image", c’est-à-dire l’apparence des choses. C’est tout dans la forme et rien dans le fond. Ces mêmes politicards tendent à s’entourer de flagorneurs dont le rôle consiste à s’extasier ostensiblement devant leur prétendu dévouement au bien public -quand il n’est pas carrément question de génie. On comprend que rien ne contrarie davantage ces imposteurs qu’une confrontation entre leur "image" et la triste réalité.

On mentionnera que, si la flatterie peut être agréable à entendre, elle n’est jamais utile, contrairement à une critique dont on reconnaît le bien-fondé et dont on sait tirer un enseignement pour progresser.

Frank BRUNNER

Anna Politkovskaya

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