retour article original

samedi 29 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Corruption Corruption en Suisse L’Hospice Général genevois
6 février 2007

Corruption : Les ripoux du service social genevois

par Frank BRUNNER


Vue de Genève

Dans un article daté du 10 janvier 2007, on relatait le comportement irresponsable de l’Hospice Général -le service social du canton de Genève- à l’égard des usagers malades et les protestations d’un médecin à ce propos. On rapportait également les accusations calomnieuses de deux fonctionnaires de l’Hospice Général, Beatriz Bolz et Hugo Lopez, présentant les effets secondaires d’un traitement médical comme un comportement malveillant de la part du malade et menaçant ce malade de lui amputer le montant du minimum vital.

Suisse


Cette affaire prend un nouveau développement, les deux fonctionnaires ripoux bénéficiant de la complicité de leur hiérarchie, laquelle, non contente de les couvrir au lieu de les sanctionner, se lance dans une fuite en avant au préjudice de l’usager malade. Ainsi, en date du 2 février 2007, Michel Nicolet, directeur adjoint de l’Action sociale, a écrit à l’usager malade pour reprendre à son compte les accusations de ses subordonnés, et cela, de toute évidence, sans avoir vérifié quoi que ce soit. Car si, sur certains points, c’était la parole de l’assistante sociale contre celle de l’usager, sur d’autres points une simple vérification du dossier aurait prouvé les mensonges de l’assistante sociale. La secrétaire de Michel Nicolet commence par affirmer qu’il aurait « enquêté », avant d’expliquer que « l’enquête » en question consiste à prendre pour argent comptant la version des fonctionnaires mis en cause. On leur demande leur avis et on l’adopte aveuglément. Beatriz Bolz et Hugo Lopez, les deux ripoux, se voient même loués pour « leur professionnalisme et leur engagement » et Michel Nicolet leur réitère sa « confiance ».

Vue du siège de l’Hospice Général

On rappellera que l’assistante sociale Beatriz Bolz s’était prétendue « menacée » et « intimidée » par le malade, contre qui elle envisageait même de déposer une plainte pénale. Hugo Lopez, le supérieur direct de Beatriz Bolz, avait contre-signé ces allégations, sans jamais avoir assisté à aucune discussion entre sa collègue et le malade. On peut se demander pourquoi Beatriz Bolz demeure en charge du dossier d’un malade dont elle se dit menacée, et cela alors que le malade a lui-même exigé qu’elle soit dessaisie de son dossier... Tel est pourtant le cas.

Dans sa lettre du 2 février 2007, le directeur adjoint de l’Action sociale formule de nouvelles accusations non moins calomnieuses à l’égard du malade, reprenant sans doute, là encore, à son compte les allégations de ses subordonnés. « Au long de ces années, vous avez déjà proféré des menaces et exercé des pressions sur nos collaborateurs. A maintes reprises vous avez rencontré des responsables de l’institution pour en discuter », affirme Michel Nicolet au malade. Malheureusement pour Michel Nicolet, il est possible de prouver le caractère calomnieux de ces nouvelles accusations. En effet, le malade explique n’avoir jamais eu connaissance d’une quelconque plainte antérieure d’un membre de l’Hospice Général à son égard et n’avoir jamais eu la moindre discussion à ce propos avec quiconque. Or, si ces faits et ces réunions avaient eu lieu, il en serait résulté des échanges de courrier et des rapports censés figurer dans le dossier administratif du malade. Et de tels documents n’existent pas.

Il est donc possible de prouver que l’Hospice Général calomnie les usagers dans le but de « justifier » des sanctions financières contre des personnes se trouvant au « minimum vital ». Les abus commis à l’initiative de ripoux subalternes sont automatiquement couverts par la hiérarchie et leurs allégations sont prises pour argent comptant, sans qu’il soit procédé à la moindre vérification. Lorsqu’un usager se plaint d’un fonctionnaire, c’est le fonctionnaire mis en cause qui est fait juge de la plainte, la direction se contentant de s’aligner dogmatiquement sur lui, au mépris de la plus élémentaire justice. On peut également prouver que ces fonctionnaires ripoux font obstruction aux droits juridiques les plus élémentaires des usagers, en refusant de leur délivrer un document indispensable, afin de les empêcher de saisir le Tribunal administratif contre l’Hospice Général. Là encore, les ripoux bénéficient de la complicité de leur hiérarchie.

A titre de comparaison, c’est comme si un policier infligeait arbitrairement des amendes aux citoyens et que ce policier ripoux soit fait juge des plaintes déposées contre lui-même, en étant automatiquement assuré de la complicité de sa hiérarchie.

Frank BRUNNER

Vue de Genève

Liens liés a l'article.Le comportement irresponsable des services sociaux genevois à l’égard des malades

AUTEURS 

  • Frank BRUNNER

  • Accueil

    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source