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AP, 8 février 2007

Algérie : La police bloque la tenue d’un séminaire sur les disparitions forcées


Des femmes dénoncent la disparition de proches, enlevés par les forces de l’ordre, à Alger, le 7 février 2007

ALGER (AP) - La police algérienne a bloqué, mercredi 7 février 2007, la tenue d’un séminaire sur les disparitions forcées en Algérie, selon les organisateurs.

Algérie


Cinq associations représentant les victimes des attentats et les personnes supposées tuées ou enlevées par les forces de sécurité pendant la guerre civile des années 1990 avaient prévu un séminaire intitulé "Pour la Vérité, la paix et la conciliation". Mais à leur arrivée à l’hôtel d’Alger où ils avaient réservé un salon privé pour le séminaire, les organisateurs ont trouvé des dizaines de policiers. Ces derniers ont barré l’accès de l’hôtel à certains participants. D’autres ont pu entrer mais ont trouvé l’électricité coupée dans la salle où devait avoir lieu la réunion. "Ils voulaient à tout prix empêcher les associations de se réunir", a déclaré Lila Iril, de l’association nationale des familles de disparus. Les associations disaient avoir averti les autorités du séminaire dès son organisation. Cherifa Kheddar, de Djazair Iruna, une association de familles de victimes du terrorisme, assurait qu’aucune autorité n’avait interdit le séminaire. Elle a rapporté que la police avait dit, mercredi 7 février 2007, avoir reçu l’ordre d’empêcher les participants d’entrer dans la salle. Les experts internationaux invités pour parler des efforts de réconciliation dans des pays comme le Chili ou l’Afrique du Sud n’avaient pas obtenu leur visa pour venir en Algérie, selon les organisateurs. Le ministère algérien de l’Intérieur n’a pas fait de commentaires dans l’immédiat. Dans un communiqué, la Fédération internationale des droits de l’Homme a dénoncé cette interdiction "le dernier d’une longue listes d’incidents qui, ces derniers mois, visent défenseurs des droits humains et avocats impliqués dans la défense des familles de disparus".

Une femme dénonce la disparition d’un proche, enlevé par les forces de l’ordre, à Alger, le 7 février 2007

Après l’annulation des premières élections multipartites de 1992 pour empêcher la victoire des islamistes du Front islamique du Salut, l’Algérie a connu une décennie de terrorisme et d’affrontements entre forces de sécurité et groupes armés, qui ont fait 200000 morts. En 2005, les Algériens ont approuvé la charte pour la paix et la réconciliation nationale qui comprend une large amnistie pour les islamistes armés s’étant rendus.

Associated Press

Une femme dénonce la disparition de son fils, enlevé par les forces de l’ordre, à Alger, le 7 février 2007

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