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AFP, 10 février 2007

Guinée : L’opposition appelle au départ du président


Un véhicule de la police, à Conakry, le 23 janvier 2007

CONAKRY (AFP) - Au moins neuf personnes, dont un militaire, ont été tuées, samedi 10 février, en Guinée, lors de manifestations de protestation contre la nomination d’un proche du président, Lansana Conté, au poste de Premier ministre, selon un nouveau bilan donné par plusieurs témoins. Trois manifestants ont été tués par les forces de l’ordre dans la banlieue de Conakry, où des barrages ont été érigés, samedi 10 février 2007 au matin, sur les principaux axes, selon les mêmes sources.

Guinée


A Kankan, un militaire a tiré sur des manifestants, tuant trois personnes, avant d’être lynché par la foule. Son corps a été brûlé. Il s’agit du premier militaire tué depuis le début des violences, en janvier 2007. A Faranah, un manifestant et un prisonnier ont été tués par les forces de l’ordre, selon des témoignages.

Des Guinéens font la queue pour acheter de l’essence, à Conakry, le 25 janvier 2007

A Conakry, une résidence privée du président bissau-guinéen, Joao Bernardo Vieira, a été saccagée, selon des témoins. De retour à Bissau d’une visite à Conakry, M. Vieira avait affirmé, la semaine dernière, avoir conseillé à son homologue guinéen, Lansana Conté, "d’accélérer le processus de nomination" d’un Premier ministre aux pouvoirs élargis. M. Vieira avait par ailleurs indiqué avoir demandé à M. Conté "de faire preuve d’une grande pondération face aux menaces des leaders syndicaux de prendre à nouveau la rue".

Joao Bernardo Vieira

Les manifestations de samedi 10 février, en Guinée, sont "plus qu’une grève. Il s’agit d’une insurrection qui ne peut se terminer que par le départ de Lansana Conté", le chef de l’Etat, a indiqué le porte-parole de quatorze partis de l’opposition Mamadou Bâ. "Lansana Conté refuse de voir la réalité en face", a déclaré M. Bâ, également président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). "Le peuple a décidé de l’aider dans son entêtement. On va lui montrer une porte de sortie", a-t-il conclu. Dans ce climat très tendu, les syndicats ont une nouvelle fois haussé le ton. "Pour que la Guinée soit sauvée de ce qui se passe, pour ne pas qu’on l’utilise à d’autres fins, les syndicalistes demandent la démission pure et simple du nouveau Premier ministre, pour le bien de la Guinée", a déclaré le porte-parole des syndicalistes, Alpha Barry. "La grève (générale) reste maintenue" à lundi 12 février 2007, a-t-il ajouté.

Le cadavre d’un manifestant, à Conakry, le 27 janvier 2007

La nomination d’un Premier ministre de consensus et aux pouvoirs élargis fait suite à un accord signé, fin janvier, entre les syndicats et la présidence pour mettre fin à une grève générale de dix-huit jours qui s’était soldée par la mort d’au moins 59 manifestants. Le retard du chef de l’Etat à le nommer avait déjà provoqué, vendredi 9 février 2007, de nouvelles violences qui ont fait onze blessés dans des affrontements entre police et manifestants en province.

Agence France Presse

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