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Tribune de Genève, 24 février 2007

Corruption : Sept plaintes classées par le procureur dans l’affaire de l’université de Genève

par Catherine FOCAS


Vue de l’université de Genève

Sept plaintes concernant des problèmes de notes de frais à l’université de Genève viennent d’être classées par le procureur Dario Zanni. Le magistrat refuse toutefois de qualifier toute cette histoire de « non-affaire ».

Suisse


« Il était bon de la part du Conseil d’Etat [exécutif cantonal] et du rectorat de vouloir clarifier la situation, indique Dario Zanni. Y avait-il de la part de certains professeurs des comportements à caractère pénal ? La réponse est non, sous réserve des trois cas qui restent encore en mains des juges d’instruction. Pourtant, l’examen des dossiers a montré la méconnaissance de la part des intéressés d’un certain nombre de procédures comptables et administratives. » Le procureur souligne également un manque de communication entre le monde académique et l’administration : « Les professeurs vivent les exigences administratives comme des contraintes intolérables et l’administration vit les voyages des professeurs comme des agréments alors qu’ils sont nécessaires. Il faudrait que ces deux mondes se comprennent et se parlent. » Selon le magistrat, il faudrait clarifier des règles éthiques (on ne voyage pas avec son conjoint aux frais de l’Université/on n’engage pas ses propres enfants) afin d’éviter des comportements « peu souhaitables dans une organisation publique ».

Vue de l’université de Genève

Les plaintes classées concernent trois médecins professeurs, un laborantin, un professeur d’économétrie, une collaboratrice scientifique des Hautes Etudes commerciales et un professeur de l’Institut d’architecture. Certains avaient demandé le remboursement des frais occasionnés par leurs conjoints qu’ils emmenaient avec eux en voyage professionnel (ils ignoraient que cette pratique était interdite). D’autres ont facturé des congrès auxquels ils ne se sont pas rendus. L’argent a été versé aux organisateurs des colloques, ils ne se sont pas enrichis personnellement, mais les fonds ont été dépensés pour rien. D’autres, encore, ont facturé plusieurs fois le même voyage, par mégarde. Toutes ces personnes ont remboursé les sommes dues qui provenaient de fonds privés destinés à la recherche.

Catherine FOCAS

Vue de l’université de Genève

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