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9 mars 2007

Corruption : Comment le gouvernement genevois sape et bafoue les droits des citoyens

par Frank BRUNNER


Vue de Genève

Comme tous les gouvernements -fédéral, cantonaux et communaux- suisses, le gouvernement genevois est un gouvernement de coalition. L’actuel Conseil d’Etat -exécutif cantonal- se compose entièrement d’ex-coureurs de pots-de-vin parlementaires qui, tout au long de leur carrière, n’ont jamais levé le plus petit doigt pour lutter contre la corruption du milieu politique.

Suisse


Plusieurs des membres de l’actuel Conseil d’Etat faisaient déjà partie du précédent exécutif et ont été réélus. Ils n’ont jamais cessé de couvrir les abus de confiance, les escroqueries et les détournements de fonds publics perpétrés par des élus ou leurs petits copains de parti. Ainsi, par exemple, en 2003, à l’occasion du G8 d’Evian, l’actuel conseiller d’Etat Pierre-François Unger a prélevé près de 300000 francs suisses sur le budget du Département de l’Action sociale qu’il présidait, afin de distribuer l’argent à des politicards qui se sont copieusement sucrés sur cette somme. En raison de la complaisance du Parquet genevois, les ripoux ont bénéficié d’une totale impunité de la part de la magistrature. Il est vrai que les magistrats genevois sont élus sur proposition des partis et qu’un magistrat s’attaquant à la corruption du milieu politique ne figurera sur aucune liste électorale lors des élections suivantes. L’indépendance de la magistrature genevoise est une pure fiction. Tout ce beau monde a fait le maximum pour favoriser le développement de la corruption et instaurer une véritable culture de l’impunité au profit du milieu politique local. Personne n’ose assumer ses responsabilités, de crainte de compromettre sa place, sa subvention, son pot-de-vin et ses relations au sein de ce milieu. Une oligarchie crapuleuse s’est emparée de l‘Etat et, à l’occasion des élections, les citoyens n’ont le choix qu’entre des ripoux de gauche, des ripoux du centre et des ripoux de droite. Si vous ne votez pas pour Untel, c’est son petit copain qui occupera la place. Le bilan politique de cette oligarchie est une véritable catastrophe, avec un Etat monstrueusement endetté, une population massivement paupérisée et précarisée, tandis que les membres de l’oligarchie ne cessaient de se remplir les poches.

Les ripoux du Conseil d’Etat genevois en compagnie du chancelier Robert Hensler (à l’extrême droite au second rang)

Dans le canton de Genève, lorsque vous dénoncez les malversations de politiciens, vous n’avez aucun soutien à attendre du milieu politique ou de la magistrature, bien au contraire. On vous accusera de « faire du scandale », de « diffamer », de vouloir faire parler de vous, d’« alimenter le tous pourris du Café du Commerce », de « discréditer les institutions », tandis que les ripoux mis en cause font carrément figure de martyrs « victimes d’un règlement de comptes ». Si on suit cette logique, les citoyens auraient quasiment l’obligation d’adopter une attitude de complicité à l’égard de ceux qui trahissent sans vergogne leur confiance. Cette obligation de complicité serait un devoir civique.

La constitution genevoise, qui date du 19ème siècle, avait prévu une mesure dont la logique interne s’opposait à cette dérive oligarchique. En effet, n’importe quel citoyen peut se présenter à l’élection du Conseil d’Etat, pour peu qu’il récolte cinquante signatures de soutien d’autres électeurs, ce qui est une simple formalité. Mais le gouvernement genevois a perverti la constitution en exigeant que les candidats outsiders paient 5000 francs suisses au service des votations à seule fin de valider leur candidature. Comme le commun des citoyens n’est pas en mesure de payer une telle somme, il se retrouve, de facto, éliminé de l’élection, ce qui fait de l’Etat la chasse gardée des partis corrompus. On relèvera que les partis en place sont dispensés de payer d’avance ces 5000 francs suisses. Ils peuvent payer cette somme après l’élection, en la prélevant sur le montant des jetons de présence parlementaires.

Vue de la salle du parlement cantonal genevois

Depuis son élection, l’actuel Conseil d’Etat -qui se dit « majoritairement de gauche », alors qu’il se compose, en réalité, à 100 % d’opportunistes- n’a pas cessé de tromper les citoyens en affirmant de manière réitérée qu’il n’était pas question de tailler dans les prestations sociales, alors qu’en réalité il a mené une politique ultra-réactionnaire en s’en prenant de manière systématique aux plus démunis. Le montant du « minimum vital » -qui n’avait jamais été adapté au renchérissement du coût de la vie- a été amputé. Quant au service de l’assistance juridique, qui accorde un avocat payé par l’Etat, il a reçu une directive visant à contraindre les plus démunis à payer une mensualité que leur revenu ne leur permet pas d’assumer, à défaut de quoi l’assistance juridique peut leur être retirée en pleine procédure, ce qui les prive d’avocat. C’est-à-dire que l’égalité des citoyens devant la justice n’est plus qu’une fiction. Au demeurant, les conditions d’octroi de l’assistance juridique ont été tellement durcies que certains avocats ne sont nommés que pour trois heures, ce qui leur permet à peine de prendre connaissance du dossier avant de devoir s’en dessaisir.

Vue du Palais de Justice de Genève

L’Hospice Général -le service social genevois- est dirigé par des ripoux qui n’hésitent pas à lancer des accusations calomnieuses contre les usagers, dans le but de « justifier » des sanctions financières à leur préjudice, et qui font délibérément obstruction à leurs droits juridiques pour les empêcher de saisir le Tribunal administratif. Cette violation délibérée des droits juridiques des usagers est perpétrée avec la complicité du Conseil d’Etat, lequel, sommé de mettre un terme aux abus de l’Hospice Général, ne se donne même pas la peine de répondre.

Il s’agit donc là clairement d’un gouvernement corrompu et despotique qui se permet absolument n’importe quoi et bafoue ou vide de leur contenu les droits les plus élémentaires des citoyens.

Frank BRUNNER

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