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Le Monde, 10 mars 2007

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo défend l’accord de paix signé avec les rebelles

par Jean-Pierre TUQUOI


Des soldats français en Côte d’Ivoire

Il ne faut "rien faire ni dire qui puisse directement ou indirectement compromettre l’application de l’accord d’Ouagadougou (et) avoir foi dans cet accord (...). Je veillerai à (son application). Il est temps qu’on aille à l’essentiel. Il est temps qu’on aille aux élections".


Au cours d’une allocution télévisée d’une quinzaine de minutes, vendredi 9 mars 2007, le président ivoirien Laurent Gbagbo s’est fait le chantre de l’accord de paix signé, le 5 mars 2007, avec le chef des rebelles des Forces nouvelles (FN), Guillaume Soro, à l’issue d’un mois de "négociations directes" à Ouagadougou, capitale du Burkina-Faso. "Nous allons nous mettre au travail pour appliquer l’accord qui (devrait) ramener la paix en Côte d’Ivoire." Un "échec", a ajouté le chef de l’Etat, serait "catastrophique", car "toutes les voies de recours tant extérieures qu’intérieures (ont été) épuisées".

Des soldats français en Côte d’Ivoire

M. Gbagbo a constaté que, depuis qu’il avait proposé "un dialogue direct" à ceux qui ont tenté, en septembre 2002, de s’emparer du pouvoir, un climat nouveau s’est instauré. Ses adversaires se sont gardés de "tout propos hostile", a-t-il noté. Et les "rebelles" d’hier sont devenus "nos frères qui ont pris les armes". Dans son intervention, entrecoupée d’images de la signature de l’accord, le président s’est félicité de ce que les négociations avaient été menées par des Africains et par eux seuls : "Ils viennent d’administrer au monde entier la preuve que l’Afrique a les ressources nécessaires pour régler ses conflits." Ont donc été remerciés le président du Burkina-Faso, Blaise Compaoré, pour son rôle de "facilitateur", et le président sud-africain, Thabo Mbeki, un temps médiateur. En revanche, si la communauté chrétienne Sant’Egidio a été louée pour son "action discrète", la France et les Nations unies ont été ignorés.

Laurent Gbagbo en compagnie de Blaise Compaoré et de Guillaume Soro Kigbafori

Décidé à mettre à profit la prochaine "levée de la zone de confiance" -sorte de ligne de démarcation qui coupe le pays en deux- pour se rendre dans le Nord, M. Gbagbo s’est efforcé de faire comme si l’accord de paix, assorti d’un calendrier précis, mettait un point final à la crise. Or de nombreux points restent en suspens. Notamment ceux qui concernent le cadre institutionnel, qu’il s’agisse de la répartition des responsabilités entre le président et le prochain gouvernement (nommé dans quelques semaines), le contrôle de l’armée, le fonctionnement de la justice, l’impartialité des médias publics... "Certes, on a avancé, mais, là-dessus, on a botté en touche pour mieux en parler ensuite. Il faudra du temps pour fixer les règles du jeu", explique Louis Dacoury-Tabley, le chef des négociateurs côté "rebelles".

Jean-Pierre TUQUOI

Louis André Dakoury Tabley

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