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dimanche 26 février 2017
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AFP, 29 mars 2004

Côte d’Ivoire : Calme à Abidjan en dépit d’un appel à manifester de l’opposition


ABIDJAN (AFP) - L’appel des partis d’opposition ivoiriens à manifester, après la "marche pacifique" avortée du 25 mars 2004 et les violences qui ont suivi, a apparemment fait long feu, lundi 29 mars 2004, aucune manifestation n’ayant été signalée à Abidjan où la vie est revenue progressivement à la normale.


Les affrontements à Abidjan entre forces de l’ordre et militants de l’opposition, jeudi 25 mars 2004, ont fait 200 tués et 400 blessés, selon un bilan publié lundi 29 mars par le mouvement ivoirien des droits de l’homme (MIDH).

Le président Laurent Gbagbo avait invité ses opposants à revenir travailler au sein du gouvernement de "réconciliation nationale" et à lui exposer leurs "griefs", lundi 29 mars 2004 après-midi, au palais présidentiel, mais ceux-ci ont boudé son offre, comme ils l’avaient annoncé.

Les activités ont repris dans la plupart des quartiers de la capitale économique, sillonnée par des patrouilles pédestres de policiers ou de gendarmes armés mais nettement plus discrets que ces jours derniers.

Seuls quelques véhicules blindés étaient stationnés en certains points du Plateau, où la plupart des banques sont toutefois restées fermées, empêchant de nombreux salariés de venir toucher leur paye en cette fin de mois.

Un des organisateurs de la "marche pacifique" de l’opposition a indiqué que ses militants étaient en train de s’organiser pour mener des "actions" ponctuelles dans certains quartiers de la capitale économique ivoirienne, tout en reconnaissant que la journée de lundi 29 mars 2004 devrait être relativement calme.

"Tout est calme", a confirmé à l’AFP le porte-parole de l’état-major ivoirien, le lieutenant-colonel Aka NGoran, soulignant que le dispositif de sécurité était "très, très léger".

Le jeudi 25 mars 2004, les forces de l’ordre et l’armée ivoiriennes avaient bouclé Abidjan avant l’aube, déployant blindés, hélicoptères et avions de combat, pour empêcher une manifestation des principaux partis d’opposition, qui avaient maintenu leur appel à une "marche pacifique" au Plateau en dépit d’une interdiction.

Militants d’opposition et forces de sécurité s’étaient violemment affrontés, déclenchant des violences qui ont fait 37 morts selon le dernier bilan officiel, entre 350 et 500 selon l’opposition.

Les dirigeants des principaux partis d’opposition, dont l’ex-président Henri Konan Bédié, ont dénoncé des exactions, rafles et exécutions sommaires de civils par les forces de l’ordre.

Le ministre ivoirien de la Sécurité, Martin Bléou, a démenti, lundi 29 mars 2004 au matin, ces rumeurs dans une déclaration télévisée, indiquant que 205 personnes avaient été régulièrement interpellées par la police à la suite des heurts meurtriers, et que 172 d’entre eux avaient déjà été relâchés.

Martin Bléou a invité les partis d’opposition à communiquer à son ministère la liste de leurs militants "dont ils croient qu’ils ont été raflés", ainsi que les informations sur les personnes tuées dans ces violences.

Mais le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, a condamné, lundi 29 mars 2004, une "violation caractérisée des droits de l’Homme et des libertés", condamnant "avec force les violences qui se sont exercées le 25 mars et les exactions inacceptables qui ont été dénoncées à la suite de ces manifestations".

L’ex-président sénégalais, dans un communiqué reçu par l’AFP à Abidjan, "exprime sa très sérieuse préoccupation concernant les informations relatives à l’implication dans ces exactions d’éléments civils irrégulièrement armés aux côtés des forces de défense et de sécurité".

Dimanche 28 mars 2004 au soir, le Premier ministre Seydou Diarra est sorti de son silence pour dénoncer lui aussi la présence lors des violences du 25 mars d’"organisations informelles parallèles" qui "ne peuvent être tolérées".

Le président ivoirien Laurent Gbagbo a demandé l’ouverture d’une enquête judiciaire et la création de commissions d’enquête parlementaire et internationale sur ces violences.

De son côté, l’Observatoire ivoirien de la liberté de la presse (Olped) a demandé au président Gbagbo "de faire respecter sur toute l’étendue du territoire national le libre exercice du métier de journaliste et la liberté de la presse", dénonçant des obstructions et mauvais traitements de la part de certains éléments des forces de l’ordre au cours des manifestations.

Agence France Presse

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