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vendredi 24 mars 2017
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24 mars 2007

Corruption : Les procédés crapuleux du service social genevois

par Frank BRUNNER


Vue de Genève

Dans des articles antérieurs, nous avons relaté le fait que l’Hospice Général -le service social du canton de Genève- ne reconnaît aucun droit aux usagers malades et ne tient compte des avis médicaux que provisoirement, à bien plaire, n’hésitant pas à menacer de sanctions financières les malades qui ne se soumettent pas aux démarches administratives exigées, telles que les convocations mensuelles routinières de l’assistante sociale.

Nous avons également relaté que l’Hospice Général refuse systématiquement de délivrer aux usagers qui en font la demande les « décisions individuelles motivées » indispensables pour saisir le Tribunal administratif, et cela malgré le fait que la délivrance de ces « décisions individuelles motivées » est une obligation légale pour l’Hospice Général. C’est-à-dire que les droits juridiques les plus élémentaires des usagers sont délibérément bafoués par l’Hospice Général, afin d’empêcher un procès susceptible de mettre en lumière de nombreux abus de la part du personnel et de la hiérarchie de l’Hospice Général.

Tous ces abus d’autorité sont perpétrés avec la complicité, et sans doute à l’instigation du Conseil d’Etat [exécutif cantonal] genevois, dont les membres, sommés d’y mettre un terme ne se donnent même pas la peine de répondre et laissent délibérément ces abus d’autorité se poursuivre. Or, le Conseil d’Etat genevois, pas plus que quiconque, n’est autorisé à bafouer les droits des citoyens. Ses membres n’hésitent pas à violer la loi et les droits d’autrui pour le seul motif que cela les arrange, et probablement pour préserver « l’image » de ce qui leur tient lieu de politique sociale.

Suisse


Nous avons également relaté le fait que l’Hospice Général s’efforce d’intimider et de discréditer les usagers qui refusent de se soumettre à son arbitraire, en lançant, à leur encontre, des accusations calomnieuses qui visent à les faire passer pour des voyous et servent ensuite de prétexte pour « justifier » des sanctions financières à leur préjudice. Ainsi, dans une « lettre d’avertissement » datée du 12 janvier 2007, Beatriz Bolz, une assistante sociale, et Hugo Lopez, son chef d’Unité, ont présenté les effets secondaires d’un traitement médical comme un comportement malveillant de la part du malade auquel, avant de le menacer de sanctions ultérieures, ils écrivaient : « Votre attitude verbale et non verbale a été violente : ton de voix, gestes, intimidation, menaces, paroles blessantes ». On relèvera le flou de ces allégations, puisqu’il n’est pas du tout précisé de quels gestes et de quels propos il s’agit concrètement. Devant un tribunal, des allégations aussi imprécises n’ont strictement aucune valeur et ne sauraient donc justifier des sanctions administratives à l’encontre d’un usager.

Vue du siège de l’Hospice Général, à Genève

En date du 2 février 2007, Michel Nicolet, directeur adjoint de l’Action sociale genevoise, confirmait au malade les termes de la « lettre d’avertissement » de ses deux subordonnés -sans fournir la moindre précision à propos de leurs allégations- et en rajoutait dans la calomnie en écrivant : « (...) vous avez déjà proféré des menaces et exercé des pressions sur nos collaborateurs. A maintes reprises, vous avez rencontré des responsables de l’institution pour en discuter ». Or, en réalité, avant les allégations de Beatriz Bolz et Hugo Lopez, le malade n’a jamais eu connaissance d’une quelconque plainte du personnel le concernant et n’a jamais rencontré aucun responsable « pour en discuter ». Là encore, on relèvera le flou des accusations de Michel Nicolet, puisqu’il s’abstient de fournir la moindre précision à propos de l’identité des employés et des responsables évoqués, les dates auxquelles les faits et les prétendues rencontres sont censés avoir eu lieu, et de quoi il s’agit concrètement. C’est comme si la police accusait une personne d’avoir détourné un avion et pris les passagers en otages, sans indiquer de quel avion il s’agit, qui étaient les otages et quand le détournement de l’avion est censé avoir eu lieu. On mentionnera également que Michel Nicolet n’a pas donné suite à une demande du malade de confirmer ces allégations dans une « décision individuelle motivée », afin de saisir le Tribunal administratif de toute cette affaire.

En date du 16 mars 2007, Alain Kolly, directeur de l’Action sociale, relayait à son tour les calomnies de ses subordonnés en écrivant au malade : « En effet, à maintes reprises vous avez proféré des menaces et exercé des pressions sur nos collaborateurs ». Là encore, on constate qu’aucune précision n’est mentionnée à propos des « menaces », des « pressions » ou de l’identité des collaborateurs évoqués. C’est ce qui donne à cette affaire un côté complètement délirant. On se croirait dans un roman de Kafka.

Les échiquiers du parc des Bastions, à Genève

Il y a tout lieu de croire que les prétendues « menaces » et « pressions » évoquées ne sont rien d’autre que la volonté exprimée par l’usager de saisir les tribunaux contre l’Hospice Général. C’est-à-dire que, quand un usager exige une « décision individuelle motivée », afin de saisir le Tribunal administratif, l’Hospice Général réagit comme si cette exigence était un crime de lèse-majesté, se prétendant menacé et victime de pressions, alors qu’en réalité l’usager ne fait qu’exercer un droit.

Vue de Genève

En résumé, on constate que l’Hospice Général fonctionne comme un Etat dans l’Etat, se prétendant au-dessus des lois, considérant que les usagers n’ont aucun droit, faisant systématiquement obstruction lorsqu’ils veulent saisir le Tribunal administratif et s’efforçant d’intimider ces usagers au moyen d’accusations calomnieuses qui servent de prétexte pour « justifier » des sanctions financières complètement arbitraires. Tous ces abus, rappelons-le, sont perpétrés avec la complicité et sans doute à l’instigation du Conseil d’Etat genevois, dont les membres se comportent comme d’arrogantes crapules.

Frank BRUNNER

Les ripoux du Conseil d’Etat genevois en compagnie du chancelier Robert Hensler (au second rang à l’extrême droite)

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    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source