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AFP, 29 mars 2007

Proche Orient : Les leaders arabes relancent leur plan de paix


Manifestation pacifiste à Jérusalem, le 28 mars 2007

RYAD (AFP) - Les leaders arabes ont décidé, mercredi 28 mars 2007, de relancer leur initiative pour une paix avec Israël, adoptée il y a cinq ans, et d’adresser un appel direct "au gouvernement israélien et à tous les Israéliens" pour qu’ils acceptent ce plan, a indiqué un ministre arabe. La résolution sur la "réactivation" de cette offre de paix a été adoptée à l’unanimité, à Ryad, par les chefs d’Etat ou leurs représentants, au soir de la première journée du 19e sommet de la Ligue arabe. Toutes les autres résolutions ont également été adoptées à l’unanimité, selon le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheit.

Manifestation pacifiste à Jérusalem, le 28 mars 2007


Le sommet de Ryad a décidé de ressortir ce plan de ses tiroirs sans lui apporter le moindre changement par rapport au document adopté lors du sommet arabe de Beyrouth en 2002. A l’origine une initiative du roi Abdallah d’Arabie saoudite, alors qu’il n’était que prince héritier, ce document offre à Israël une normalisation de ses relations avec tous les pays arabes, en échange d’un retrait des territoires arabes occupés par l’Etat hébreu depuis 1967, de la création d’un Etat palestinien avec Jérusalem-est pour capitale et d’un règlement "équitable et agréé" de la question des réfugiés palestiniens.

Impacts de balles sur le véhicule d’un membre du Hamas pris pour cible par des tireurs inconnus, à Gaza City, le 28 mars 2007

Le premier point de la résolution adoptée à Ryad, qui en comprend quatre, "réaffirme l’attachement de tous les pays arabes au plan de paix arabe tel qu’il a été adopté au sommet de Beyrouth en 2002 dans toutes ses clauses". Le deuxième point de ce document, dont l’AFP a obtenu une copie, stipule que les chefs d’Etat arabes réaffirment "l’invitation au gouvernement israélien et à tous les Israéliens à accepter l’initiative arabe de paix et à saisir l’occasion qui se présente pour une reprise du processus de négociations directes et sérieuses sur tous les volets". Cette référence à "tous les volets" signifie donc également le volet syrien, où le processus de négociations est gelé depuis 2000, en plus du volet palestinien. La différence par rapport à l’adoption de l’initiative, il y a cinq ans, à Beyrouth, réside dans le fait que le sommet de Ryad a cette fois mis en place un mécanisme pour promouvoir ce plan et éviter qu’il ne reste lettre morte. Des "groupes de travail" seront ainsi formés avec pour mission de contacter non seulement les membres du Conseil de sécurité de l’ONU et du Quartette sur le Proche-Orient (Etats-Unis, ONU, Russie et UE), mais aussi "les parties concernées par le processus de paix", et par conséquent Israël.

Impacts de balles sur le véhicule d’un membre du Hamas pris pour cible par des tireurs inconnus, à Gaza City, le 28 mars 2007

Le gouvernement saoudien avait fait le forcing, ces derniers mois, auprès des autres pays arabes, et surtout auprès du mouvement islamiste Hamas, qui dirige le gouvernement palestinien d’union nationale, pour les convaincre d’approuver une réactivation de cette offre de paix. Le Hamas refuse toujours de reconnaître le droit à l’existence d’Israël. Le Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, un chef de file du Hamas, participe au sommet, ce qui accroît l’importance de la décision prise à Ryad.

Le cadavre d’un membre des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa assassiné par l’armée israélienne, à la morgue de Jenine, le 28 mars 2007

"Nous devons prendre notre temps pour étudier ce qui s’est passé lors de ce sommet avant de prendre une position officielle", a affirmé à l’AFP une responsable au bureau du Premier ministre israélien, Ehud Olmert. Israël avait rejeté ce plan après son adoption, à Beyrouth, les dirigeants israéliens mettant notamment en avant la clause sur les réfugiés. Mais M. Olmert s’est montré récemment plus conciliant dans ses propos, Israël se disant même prêt à accepter ce plan comme base pour des négociations s’il était modifié.

Les funérailles d’un membre des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa assassiné par l’armée israélienne, à Jenine, le 28 mars 2007

Pour les Arabes, la réactivation de cette initiative revient à renvoyer la balle dans le camp israélien. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud Al-Fayçal, affirmait ainsi que cette offre constituait la dernière chance de paix pour Israël. Si l’Etat hébreu rejette ce plan, "cela signifie qu’il ne veut pas de la paix et qu’il s’en remet au destin", disait-il dans une interview. Mais "ils ne remettront par leur avenir dans les mains des gardiens de la paix, mais dans celles des seigneurs de la guerre", poursuivait le ministre.

Randa HABIB et Adel ZAANOUN

Les funérailles d’un membre des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa assassiné par l’armée israélienne, à Jenine, le 28 mars 2007

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