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Le Temps, 30 mars 2007

Corruption : Affaire de détournement de fonds européens

par Thomas FERENCZI


Vue du siège de la Commission européenne, à Bruxelles

Trois personnes ont été inculpées et placées en détention à Bruxelles, mercredi 28 mars 2007, dans le cadre d’une affaire d’escroquerie et de corruption au détriment des institutions européennes. Les trois suspects, de nationalité italienne, sont un fonctionnaire de la Commission, Giancarlo Ciotti, l’assistant d’un député au Parlement européen, Sergio Tricarico, et un homme d’affaires, Angelo Troiano. Une trentaine de perquisitions avaient été conduites, la veille, en Belgique, en Italie, en France et au Luxembourg, notamment aux sièges de la Commission et du Parlement.


L’argent aurait été détourné lors d’appels d’offres concernant l’acquisition ou la location de locaux pour les représentations de la Commission dans les pays tiers, ainsi que l’aménagement de systèmes de sécurité. Selon le Parquet bruxellois, l’enquête cherche à établir « les conditions dans lesquelles certains marchés publics européens auraient été passés dans le cadre de la recherche d’immeubles destinés à abriter les délégations de la Commission européenne à l’étranger et dans le cadre de l’installation d’équipements de sécurité destinés à ces bâtiments ». Giancarlo Ciotti travaille au service de la Commission responsable des infrastructures des délégations et Angelo Troiano dirige un consortium dans le secteur immobilier. « Il y a eu des pots-de-vin pour des millions d’euros pendant plus de dix ans », a déclaré le porte-parole du Parquet, Jos Colpin. L’enquête a commencé il y a trois ans, à l’instigation de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), qui a alerté ensuite les autorités judiciaires. L’Office central pour la répression de la corruption (OCRC) de la police fédérale belge a conduit les opérations, en collaboration avec les carabiniers italiens et la division nationale des investigations financières de la police judiciaire française. Dans un communiqué publié mercredi 28 mars 2007, l’Office européen de lutte antifraude, dont le rôle est de protéger les intérêts financiers de l’Union, a jugé « difficile à ce stade » d’évaluer l’impact financier de ces fraudes sur le budget communautaire. Le porte-parole de la Commission, Johannes Laitenberger, a indiqué que celle-ci n’exclut pas de se porter partie civile si les informations sont confirmées. Il a assuré que la Commission applique une politique de « rigueur absolue » et de « tolérance zéro » à l’égard de la corruption.

Johannes Laitenberger

Plusieurs affaires de détournement ont impliqué, ces dernières années, les institutions européennes. L’ancienne commissaire française Edith Cresson a été mise en cause en 1999, avant d’être blanchie par la justice belge et blâmée pour « favoritisme » par la Cour de justice des communautés européennes. En 2002, deux responsables de la représentation de la Commission à Paris ont été écartés de leurs fonctions dans le cadre d’une enquête sur la gestion de subventions, avant d’être réintégrés. En 2003, une enquête a été ouverte sur la mise en place d’une caisse noire au sein de l’Office européen des statistiques. Johannes Laitenberger a rejeté tout « amalgame » entre ces différentes affaires.

Thomas FERENCZI

Edith Cresson

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