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Reuters, 7 avril 2007

Côte d’Ivoire : La "zone de confiance" évacuée le 16 avril 2007


Des soldats de l’ONU en Côte d’Ivoire

ABIDJAN (Reuters) - Les "forces impartiales" (casques bleus de l’ONU et dispositif français "Licorne") commenceront à évacuer, le 16 avril, la "zone de confiance" coupant la Côte d’Ivoire en deux conformément à l’accord du 4 mars signé, à Ouagadougou, entre le président, Laurent Gbagbo, et Guillaume Soro, chef des ex-rebelles des Forces nouvelles. L’annonce en a été faite, vendredi 6 avril 2007 au soir, à la télévision ivoirienne, par le général Fernand Marcel Amoussou, commandant de la force de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (Onuci), à l’issue d’un entretien avec le chef de l’Etat.


L’accord interivoirien signé sous les auspices du Burkina Faso prévoyait le démantèlement de la "zone de confiance" et la tenue d’élections d’ici dix mois. "Nous sommes venus rendre compte au président de la République des dispositions que nous sommes en train de prendre pour la suppression de la "zone de confiance". Conformément à l’accord de Ouagadougou, la "zone de confiance" doit être supprimée à compter du 16 avril", a déclaré à la presse le général Amoussou. Il a ajouté : "Je suis venu avec le chef de mission pour rendre compte au chef de l’Etat qu’à partir du 16 avril, nous allons effectivement entamer la suppression de la "zone de confiance" et donc, à compter du 16 avril à minuit, nous allons quitter tous nos check-points sur la "zone de confiance" et nous réinstaller sur les postes d’observation prévus dans l’accord de Ouagadougou. "Deuxièmement, nous allons transférer à nos camarades ivoiriens, je veux dire les Forces de Défense et de Sécurité (l’armée et la police gouvernementales) ainsi que les Forces armées des Forces nouvelles (FAFN, ex-rebelles), la responsabilité de l’ordre public dans la "zone de confiance", conformément aussi à l’accord de Ouagadougou", a-t-il expliqué.

Laurent Gbagbo

Le 22 mars 2007, Paris avait annoncé son intention de rapatrier, dans les deux mois, un demi-millier de soldats français du contingent "Licorne", qui en compte aujourd’hui 3500. Les 7000 casques bleus de l’Onuci, épaulés par les Français de "Licorne" agissant en vertu d’un mandat de l’ONU, patrouillent la "zone de confiance" qui coupe d’Est en Ouest le premier exportateur mondial de cacao depuis 2003, un an après le coup d’Etat manqué de septembre 2002 qui a dégénéré en un bref conflit armé. Cette semaine, les responsables de l’armée et des FN ont convenu de déployer une force mixte de 180 hommes pour commencer à prendre le contrôle de la "zone de confiance", en parallèle avec le départ des casques bleus et des Français.

Des soldats français en Côte d’Ivoire

D’autre part, le nouveau gouvernement d’union dirigé par Guillaume Soro, nommé Premier ministre par Laurent Gbagbo au lendemain de l’accord de Ouagadougou, a été officiellement désigné, samedi 7 avril 2007, par décret présidentiel. Le portefeuille-clé de la Défense est confié à un membre du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo), Michel Amani N’Guessan. La nouvelle équipe gouvernementale, dont la composition a été lue à la presse par le secrétaire général de la présidence ivoirienne, Amédée Couassi Blé, comporte six nouveau venus. De nombreux ministres sortants conservent leurs postes. Le nouveau gouvernement comporte 32 titulaires, en plus de Guillaume Soro, soit trois de moins que l’équipe sortante de Charles Konan Banny, qui a démissionné cette semaine pour céder son fauteuil à Guillaume Soro. Charles Koffi Diby, auparavant ministre délégué, se voit attribuer le ministère de l’Economie et les Finances. L’Agriculture reste entre les mains d’Amadou Gon Coulibaly, membre du RDR d’Alassane Ouattarra, ancien Premier ministre et chef de file de l’opposition politique.

Reuters

Guillaume Soro Kigbafori

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source