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jeudi 30 mars 2017
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AP, 9 avril 2007

Histoire : La bataille de la crête de Vimy (9-12 avril 1917)


Des artilleurs canadiens pendant la bataille de Vimy

OTTAWA (AP) - Par un lundi de Pâques venteux, des milliers de jeunes Canadiens jaillirent de tranchées, de bunkers souterrains et de tunnels pour monter victorieusement à l’assaut d’une colline en pente douce du nord de la France, la crête de Vimy (Pas-de-Calais). Pour beaucoup, cette bataille marquera la naissance de la nation canadienne.

Localisation de la bataille de Vimy


Dominant la plaine de Douai, cette crête, véritable forteresse allemande, était parsemée de nids de mitrailleuses en béton, piquée de kilomètres de fils barbelés et en plein dans le viseur de plusieurs artilleurs allemands. Mais une fois la nuit tombée, presque toute cette place forte passera aux mains des Canadiens. Le reste tombera les jours suivants. Les précédentes attaques franco-britanniques avaient coûté près de 190000 hommes, sans faire bouger d’un iota les Allemandes de positions qu’ils occupaient depuis l’automne 1914.

Des artilleurs canadiens pendant la bataille de Vimy

Le maréchal Douglas Haig, commandant en chef des troupes britanniques, a alors décidé qu’il ne pouvait laisser cette épine dans le pied déranger ses plans d’offensives printanières et a demandé aux quatre divisions du Corps canadien de s’en charger. Ce Corps était sous les ordres du général britannique Julian Byng, notamment secondé par le général canadien Arthur Currie, deux officiers qui ne voulaient pas envoyer leurs hommes à l’aveuglette comme lors de la bataille de la Somme. A Vimy, chaque soldat savait où il devait se diriger et ce qu’il y trouverait. De petits pelotons équipés de mitraillettes et de beaucoup de grenades devaient se déplacer derrière les fortifications avant de les attaquer. Julian Byng, grand amateur d’artillerie, a aussi utilisé les services d’un expert, le lieutenant-colonel Andy McNaughton. Cet ingénieur de formation a utilisé toute la technologie à sa disposition pour localiser et neutraliser l’artillerie allemande : repérage par éclats, oscilloscopes et micros pour détecter les sons des tirs ennemis et identifier leurs points d’origine.

Des soldats canadiens quittent leur tranchée pour attaquer les positions allemandes, pendant la bataille de Vimy

Quand tout fut prêt, le 2 avril 1917, l’artillerie entama un bombardement décrit par un soldat comme semblable à de l’eau sortant d’un robinet, envoyant des milliers d’obus par jour. Des Allemands qui y ont survécu en ont parlé comme étant la "semaine de toutes les souffrances". Leurs tranchées s’effondrèrent alors que toute la crête tremblait sous les feux nourris. Pas moins de 80 % des pièces d’artillerie allemandes furent neutralisées. Un bombardement incessant qui durera sept jours.

Des soldats canadiens pendant la bataille de Vimy

A 04h00, le lundi de Pâques 9 avril 1917, les Canadiens, après un repas chaud et une rasade de rhum, prirent position. A 05h30, 983 fusils et 150 mitrailleuses ouvraient de nouveau le feu sur les positions allemandes. Accompagnée d’un vent froid qui bombardait aussi les Allemands de neige et de grésil, l’infanterie commençait l’ascension de la crête haute de 145 mètres, contournant les barbelés et les cratères, délogeant les soldats allemands avec leurs grenades. Trois jours plus tard, les Allemands avaient abandonné presque toute la crête, se retrouvant dans la plaine à l’arrière et sur une plus petite colline au nord, colline perdue en moins d’une heure aux mains de la 10e Brigade.

Des soldats canadiens pendant la bataille de Vimy

Bien que la grande offensive alliée du printemps ait été un échec en général, notamment au Chemin des Dames côté français, Vimy "fut tout de même une victoire importante, louée en Grande-Bretagne et en France, et dont les échos ont enthousiasmé le Canada et les militaires canadiens", écrit l’historien Jack Granatstein. "Au cours de ces quelques minutes, j’ai été témoin de la naissance d’une nation", écrira le général Alexander Ross. Une naissance nourrie par le sang des quelque 3600 morts et 7000 blessés à Vimy.

Associated Press

Des soldats canadiens pendant la bataille de Vimy

Des soldats canadiens pendant la bataille de Vimy

Des mitrailleurs canadiens pendant la bataille de Vimy

Un tank et des soldats canadiens pendant la bataille de Vimy

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source