retour article original

samedi 25 février 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Haïti (3ème partie) : Mars 2004
AP, 31 mars 2004

Haïti : Le Premier ministre Gérard Latortue assure que son prédécesseur Yvon Neptune ne sera pas persécuté

Suivi d’un commentaire


Débarquement de camions militaires français, à Cap-Haïtien, le 30 mars 2004

PORT-AU-PRINCE (AP) - Le nouveau Premier ministre haïtien Gérard Latortue a assuré, mardi 30 mars 2004, que son gouvernement ne persécuterait pas son prédécesseur Yvon Neptune, qui a pris le maquis à la suite de menaces sur sa vie.

Yvon Neptune, le 23 février 2004, alors qu’il était Premier ministre de Jean-Bertrand Aristide


"Je voudrais dire à Neptune qu’il n’a rien à craindre de ce gouvernement", a déclaré Gérard Latortue sur les ondes de Radio Métropole. "Il bénéficiera de la même sécurité que le reste de la population".

Scène de rue, à Port-au-Prince, le 29 mars 2004

Ces déclarations interviennent après que le nouveau gouvernement haïtien eut annoncé il y a quatre jours qu’il empêcherait plusieurs dignitaires du gouvernement de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide de quitter le pays, dont Yvon Neptune.

Ce dernier est aujourd’hui introuvable mais a fait savoir qu’il a l’intention de rester à Haïti, malgré les menaces qui pèsent sur sa vie. Lors d’un entretien téléphonique avec l’Associated Press il y a quelques semaines, il avait affirmé qu’il se trouvait dans un endroit sûr à Port-au-Prince et avait accusé le gouvernement de mener une "chasse aux sorcières".

Selon des responsables du nouveau gouvernement, la décision d’empêcher Yvon Neptune et 36 autres anciens dignitaires haïtiens de quitter le pays a été prise afin qu’ils puissent être poursuivis par la justice, notamment pour détournement de fonds.

"S’il [Yvon Neptune] est coupable de crimes, alors le système judiciaire s’en chargera", a déclaré le Premier ministre Gérard Latortue mardi 30 mars 2004.

Gérard Latortue

Parmi les anciens dignitaires interdits de quitter Haïti figurent l’ancienne chef de la police Jocelyne Pierre, l’ancien directeur de la banque centrale Venel Joseph et l’ancien président de la compagnie nationale d’électricité Alphonse Inevil.

Associated Press

Jocelyne Pierre

Commentaire

Le coup de "la chasse aux sorcières" est un classique des politiciens corrompus. Dès l’instant où on se met à enquêter sur les malversations d’un politicien, il se donne des airs de martyr en évoquant "une chasse aux sorcières", comme si les accusations portées contre lui étaient manifestement absurdes.

Un autre classique des politiciens corrompus consiste à tenter de se dissimuler derrière leur parti, sur l’air de : "A travers moi, c’est mon parti qui est attaqué ! Ces accusations de corruption ne sont qu’une basse manoeuvre électoraliste !..."

Un journaliste haïtien exhibe la photo d’un collègue assassiné par les tueurs de Jean-Bertrand Aristide

S’agissant d’Yvon Neptune, on rappellera qu’il a été le bras droit de Jean-Bertrand Aristide durant toutes les années où ce dernier a fait distribuer des armes à ses équipes de "Chimères", pour ensuite les envoyer massacrer les opposants politiques jusqu’au fond des bidonvilles.

Par ailleurs, avant son élection à la présidence d’Haïti, Jean-Bertrand Aristide était un prêtre tellement pauvre que, lors de son séjour en Suisse, il a dû être logé chez l’habitant. Or, le même individu affiche désormais sa fortune, alors que la population haïtienne souffre de malnutrition.

un homme réduit à voler de la farine dans un entrepôt de Port-au-Prince, le 1er mars 2004

La triste réalité, c’est que le parti Lavalas de Jean-Bertrand Aristide a fonctionné à la fois comme une sorte de parti nazi local et comme une mafia au service de Jean-Bertrand Aristide. Ce parti Lavalas a été écarté du pouvoir lorsque Gérard Latortue a constitué son gouvernement intérimaire.

Il est non seulement légitime, mais nécessaire de procéder à une sorte de "dénazification" à Haïti, afin de mettre le parti Lavalas hors d’état de nuire, sanctionner les responsables des années de terreur subies par la population haïtienne, et récupérer, autant que possible, le produit du pillage perpétré par la mafia Lavalas.

A vrai dire, il y a plutôt lieu de s’étonner que le gouvernement de Gérard Latortue n’ait toujours pas lancé un mandat d’arrêt international contre Jean-Bertrand Aristide, qui bénéficie d’une totale impunité. Entre deux leçons de morale, la prétendue "communauté internationale" affecte tout simplement d’ignorer ses crimes...

Frank BRUNNER

Thabo Mbeki et Jean-Bertrand Aristide

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source