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AP, 31 mars 2004

Haïti : Jean-Bertrand Aristide porte plainte en France pour "enlèvement"


Paris, vu par satellite

PARIS (AP) - Une plainte pour "enlèvement, séquestration et menaces" a été déposée, mardi 30 mars 2004, à Paris, par les avocats de l’ancien président haïtien, Jean-Bertrand Aristide, qui conteste son éviction du pouvoir le 29 février 2004, a-t-on appris, mercredi 31 mars 2004, de sources judiciaires.


Contrairement à ce que Me Gilbert Collard avait annoncé le 10 mars 2004, la plainte ne vise pas nommément quatre responsables français -parmi lesquels Régis Debray et la soeur de Dominique de Villepin- mais a été déposée contre X, a-t-on précisé de mêmes sources.

"J’ai déposé une plainte contre X pour laisser au juge un plus grand champ d’investigation", a expliqué Me Collard, mercredi 31 mars 2004, à l’Associated Press. Mais le rôle des quatre personnes mises en cause par l’ancien président haïtien est explicité dans la plainte, a encore précisé l’avocat.

Gilbert Collard

Dans un premier temps, les défenseurs de M. Aristide avaient annoncé que la plainte viserait nommément l’actuel ambassadeur de France en Haïti, Thierry Burkard, son prédécesseur Yves Gaudel, l’écrivain Regis Debray et Véronique Albanel, la soeur du ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin.

Les "menaces" concerneraient le fait que des agents armés auraient forcé M. Aristide et son épouse Mildred Trouillot Aristide, une citoyenne américaine, à monter dans un avion américain, a souligné Me Collard. Ce geste a été qualifié de "kidnapping" par l’ancien président.

Jean-Bertrand Aristide, à l’époque où il faisait assassiner ses adversaires politiques

"A minima la France s’est rendue complice", avait déclaré Me Collard le 10 mars 2004. L’avocat s’appuie notamment sur plusieurs témoignages, dont certains parus dans la presse, et des photos pour soutenir la thèse de l’enlèvement.

Aux Etats-Unis, l’avocat américain de M. Aristide, Ira Kurzban, a récemment adressé un courrier au secrétaire d’Etat Colin Powell dans lequel il réclame l’ouverture d’une enquête officielle sur les circonstances qui ont entouré le départ de l’ex-président haïtien.

Ira Kurzban

"En cas de refus, nous nous retournerions vers la Cour internationale de justice" de La Haye (Pays-Bas), a-t-il averti à cette occasion.

Les autorités américaines ont formellement nié avoir enlevé Jean-Bertrand Aristide. Le secrétaire d’Etat américain Colin Powell estime même que le départ précipité de l’ancien président lui a sauvé la vie. L’intéressé soutient au contraire avoir été forcé à prendre l’avion et déclare toujours être président.

Associated Press

Des membres du Aristide’s fan club, à Port-au-Prince, le 24 février 2004

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