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dimanche 25 juin 2017
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Le Matin, 2 mai 2007

Informations internationales : La traque aux « sales cons » est lancée

par Renaud MICHIELS


Une ouvrière française à l’usine Renault de douai

Vous avez un chef tyrannique, un collègue manipulateur ou mesquin : un guide provocateur explique comment survivre à ces personnalités qui plombent la vie de bureau.

Des ouvriers de chantier


« Objectif zéro-sale-con » Pardon ? Il s’agit d’un « petit guide de survie face aux connards, tyrans, despotes, enflures, harceleurs, trous du cul et autres personnes nuisibles qui sévissent dans l’entreprise. » Voilà qui a le mérite d’être clair ! Mais si le langage est provocateur, le livre est sérieux. Il est signé par Robert Sutton, un éminent professeur de management de l’Université de Stanford, près de San Francisco. Cet ovni est déjà un best-seller aux Etats-Unis, où il est sorti le 22 février 2007. Pour l’auteur, les entreprises ne doivent ni tolérer ni engager de tels personnages. Ou au moins réduire le potentiel de nuisance de ceux qui génèrent des conflits comme des ravages sur la performance des entreprises -contentieux, démotivation, absentéisme, arrêts de travail.

Robert Sutton

Mais qu’est-ce qu’un « sale con » ? Selon le professeur américain, d’abord, personne n’est à l’abri : « Cela peut arriver à des gens merveilleux, tels que vous et moi. » Pour le chercheur, les nuisibles sont en position de pouvoir, même minime. Ils « considèrent essentiellement les autres comme des moyens de satisfaire leurs propres besoins ». Cet être détesté est aussi mesquin, méchant, égoïste, désinhibé, insensible et estime que « les règles que nous, les autres, devons respecter, ne s’appliquent pas à lui ». Pour Robert Sutton, le patron d’Apple est le prototype même du sale con. « Tapez Steve Jobs et asshole (« sale con », ndlr) dans Google, lance l’auteur, vous aurez près de 90000 réponses. » Vu la réussite de l’homme, l’auteur reconnaît donc, occasionnellement, quelques vertus aux « sales cons ». Mais précise qu’il ne voudrait surtout pas travailler avec eux... Reste que Robert Sutton est convaincu que « les lieux de travail civilisés, où le mépris est remplacé par le respect mutuel, ont en général des performances supérieures ». Alors si le ver est dans le fruit, il faut s’organiser, car « l’objectif zéro-sale-con est simplement la meilleure pratique de management jamais inventée ». L’auteur livre des recettes. Par exemple se serrer les coudes face à l’ennemi ou, en cas de conflit, tenter de parvenir à un « détachement émotif ».

Steve Jobs

Fallait-il pour autant se montrer si vulgaire ? « Aucun autre terme ne fonctionne aussi bien pour qualifier ces gens méprisants et méchants, explique l’Américain. Est-ce aussi pour vendre plus de livres ? Certainement. Je plaide coupable. »

Renaud MICHIELS

« Objectif zéro-sale-con »

Traduction de « The no Asshole Rule », de Robert Sutton, Ed. Vuibert, 108 pages

Un atelier de mécanique

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    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source