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samedi 27 mai 2017
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AFP, 10 mai 2007

L’Erythrée est accusée par l’Ethiopie

Suivi d’un commentaire


Vue d’Asmara

Le gouvernement éthiopien a demandé, mercredi 9 mai 2007, aux Nations Unies, d’empêcher l’Erythrée d’être "un refuge" pour le "terrorisme" dans la Corne de l’Afrique.

Erythrée


Dans un rapport examiné, mardi 8 mai 2007, par le Conseil de sécurité de l’ONU, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, s’est dit "profondément préoccupé par la phase dans laquelle se trouve le processus de paix entre l’Ethiopie et l’Erythrée et par la tension croissante entre les deux pays". Les deux pays de la Corne de l’Afrique se sont affrontés dans une guerre frontalière de 1998 à 2000. Depuis, ils entretiennent des relations très tendues. L’accord de paix d’Alger ayant mis fin à cette guerre est resté lettre morte. Dans cet accord, les deux payx s’engageaient à respecter la décision d’une commission indépendante sur le tracé de la frontière, longue d’un millier de kilomètres. Cette commission a arrêté sa décision en 2002, mais l’Ethiopie refuse d’accepter son tracé et demande qu’il soit révisé. Mercredi 9 mai 2007, Asmara a rejeté la possibilité de discuter du différend frontalier.

Vue de Massawa

Le 29 mars, s’adressant au Parlement, Meles Zenawi avait indiqué que "l’Ethiopie acceptait la décision (de la Commission de démarcation) avec toutes ses erreurs", mais avait réclamé que "sa mise en oeuvre se fasse par le dialogue". "C’est un fait que l’Erythrée a décidé de déstabiliser la Corne de l’Afrique", a déclaré à l’AFP Simon Berekat, porte-parole du Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi. L’Erythrée "est allée plus loin, en servant de refuge au terrorisme, ce qui constitue une menace pour la région entière", a-t-il accusé, ajoutant : "Nous attendons de l’ONU qu’elle empêche l’Erythrée, Etat membre des Nations Unies, d’abriter le terrorisme". Selon un rapport de l’ONU, Asmara a soutenu, en Somalie, les tribunaux islamiques, qui ont été défaits il y a quatre mois, lors d’une offensive de l’armée éthiopienne alliée aux forces somaliennes. Selon les Etats-Unis, les tribunaux islamiques abritaient des membres d’Al-Qaïda. "Concernant la question de la frontière, les autorités gouvernementales d’Erythrée ont refusé de s’asseoir pour négocier et donner une chance à la paix. La vraie cause du blocage, c’est l’Erythrée", a martelé, mercredi 9 mai, M. Berekat. "Nous avons accepté la décision de la commission frontalière. Ce que nous avons demandé, ce sont des négociations sur son application. Mais Asmara a refusé de négocier", a-t-il précisé. De son côté, le porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères, Solomon Abebe, a estimé, mercredi 9 mai 2007, que le "Conseil de sécurité devrait prendre des mesures punitives contre l’Erythrée pour la violation de l’accord de cessation des hostilités" signé en juin 2000. "Le Conseil de sécurité n’est pas assez ferme avec l’Erythrée, parce que l’Erythrée a mis en péril tout l’édifice des accords d’Alger, a violé l’accord de cessation des hostilités. Il n’y a plus de zone temporaire de sécurité actuellement parce qu’elle est violée par l’Erythrée", a-t-il ajouté.

Agence France Presse

Meles Zenawi

Commentaire

On rappellera que la Somalie a été envahie par l’armée éthiopienne, pour le compte des Etats-Unis, dans le but de renverser le régime islamique qui venait de mettre un terme à la guerre civile -laquelle a repris depuis entre résistants, gouvernement fantoche somalien et troupes d’occupation éthiopiennes. L’invasion éthiopienne a débuté par l’arrivée de prétendus conseillers militaires. Lorsque les islamistes ont exigé que l’armée éthiopienne se retire, le gouvernement éthiopien s’est hypocritement prétendu menacé et a lancé une invasion à grande échelle.

Il y a lieu de se demander si le gouvernement éthiopien ne s’apprête pas à envahir également l’Erythrée, "coupable" de soutenir la résistance somalienne. En présentant l’Erythrée comme un sanctuaire du terrorisme, le gouvernement éthiopien invoque un prétexte commode taillé sur mesure pour se prévaloir du soutien du gouvernement des Etats-Unis. En fait, l’Ethiopie accuse ses voisins de "déstabiliser la région", alors qu’en réalité c’est son armée qui la met à feu et à sang.

Frank BRUNNER

Des résistants somaliens, à Mogadiscio, le 23 avril 2007

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