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jeudi 27 avril 2017
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Le Monde, AFP, 11 mai 2007

Corruption : Les marchés publics français ne représentent "quasiment rien" pour le groupe, affirme Vincent Bolloré


Nicolas Sarkozy à bord du yacht appartenant à Vincent Bolloré, au large de Malte, le 8 mai 2007

Contrairement à ce qu’avaient affirmé Vincent Bolloré et Nicolas Sarkozy, mercredi 9 mai 2007, le groupe de l’homme d’affaires s’est bien vu attribuer, ces dernières années, des marchés publics. Sur le site Internet des Journaux officiels de la République française, on retrouve ainsi la trace de plusieurs attributions de marchés publics.

France


SDV, la filiale logistique du groupe Bolloré, a obtenu, le 10 août 2006, l’attribution du marché du "traitement de la valise diplomatique fret" par le ministère des Affaires étrangères, selon l’annonce numéro 368 publiée, le 6 novembre 2006, dans le Bulletin officiel des annonces de marchés publics (BOAMP). "Ce marché est un "contrat sensible" au sens de l’arrêté du 18 avril 2005 (...) relatif aux conditions de protection du secret et des informations concernant la défense nationale et la sûreté de l’Etat dans les contrats", précise l’annonce. La valeur totale estimée de ce marché est comprise entre 1,4 million et 5,6 millions d’euros, hors taxes, pour "une durée de 48 mois à compter de la notification du marché". SDV s’est également vu attribuer, le 17 juin 2005, un marché de "transport de fret par voie aérienne commerciale, à la demande et pour le compte du ministère de la Défense", d’une valeur estimée à 36 millions d’euros, hors taxes, peut-on lire dans l’annonce numéro 907 publiée le 26 septembre 2005. Le contrat est lui aussi d’une durée de 48 mois. On retrouve également SDV logistique internationale dans l’annonce numéro 329 publiée le 13 mars 2006. Cette fois, l’attribution du marché, le 5 janvier 2006, concerne des "prestations de transport aérien et d’opérations ponctuelles de dédouanement de diverses marchandises pour la direction des monnaies et médailles". Le montant est "indéfini". L’annonce 839, publiée, le 15 janvier 2007, dans le BOAMP 003 C, fait également mention de SDV TTA, parmi d’autres entreprises, dans l’attribution d’un marché, le 16 novembre 2006, concernant un "accord carde acheminements" par l’économat des armées. Par ailleurs, selon l’annonce numéro 474 publiée, le 16 mars 2007, dans le BOAMP 017C, le groupe Bolloré Energie a obtenu l’attribution du marché, le 6 janvier 2007, "de fourniture de fioul domestique" par le centre hospitalier de Laval. Le montant du marché est de 130152,36 euros, hors taxes. Bolloré Energie apparaît également dans l’attribution, le 21 décembre 2006, du marché de "fourniture de fioul domestique" par la ville de Colmar dans l’annonce 602 publiée, le 23 mars 2007, dans le BOAMP 018C. Le montant du marché, qui est reconductible annuellement pour 2008, 2009 et 2010, est de 153390 euros hors taxe. Enfin, l’annonce numéro 357 publiée, le 15 janvier 2007, dans le BOAMP 003C, le groupe Bolloré a obtenu le 11 décembre 2006 du ministère de l’Intérieur un marché de "mise en place de locaux de sûreté modulaires à l’hôtel de police de Grenoble", d’un montant hors taxe de 342329 euros.

Vincent Bolloré

Dans le cadre de la polémique suscitée par le séjour de Nicolas Sarkozy sur le yacht de Vincent Bolloré, au large de Malte, le groupe de l’homme d’affaires avait affirmé, mercredi 9 mai 2007, qu’il n’avait "jamais eu aucune relation commerciale avec l’Etat français". Nicolas Sarkozy avait indiqué, de son côté, que "Vincent Bolloré est un des grands industriels français. Il n’a jamais travaillé avec l’Etat. Il fait honneur à l’économie française".

Le Monde.fr

Nicolas Sarkozy

Les marchés publics ne représentent "quasiment rien" pour le groupe, affirme Vincent Bolloré

PARIS (AFP) - L’homme d’affaires français Vincent Bolloré, qui a accueilli quelques jours le président élu, Nicolas Sarkozy, sur son yacht, affirme que les marchés publics ne représentent "quasiment rien" dans l’activité de son groupe, dans le Parisien de vendredi 11 mai 2007. Vincent Bolloré redit qu’il a assumé les frais du séjour de M. Sarkozy et que celui-ci sera "toujours le bienvenu". "Les prix avancés ici et là sont totalement fantaisistes", précise-t-il. "Ce n’est pas parce qu’on est ami avec quelqu’un qu’il n’y a pas d’éthique dans nos rapports", ajoute M. Bolloré, évoquant une "méfiance" française sur les rapports entres mondes politique et économique.

Le groupe Bolloré a remporté plusieurs marchés publics ces dernières années. Son PDG répète cependant qu’il n’a "aucun contrat avec la puissance publique". Les "marchés dont la presse s’est fait écho" ne "représentent au total même pas un pour mille du chiffre d’affaires de notre groupe", affirme Vincent Bolloré. Il affirme par ailleurs n’avoir "aucun pouvoir sur la gestion" de la Société française de Production (SFP), qui bénéficie de commandes publiques et dont il détient 40 %, "la majorité étant entre les mains de la famille Bari". Il qualifie par ailleurs d’"élucubrations" la possibilité d’un rachat de la chaîne de télévision TF1 par Bolloré si son propriétaire Bouygues venait à la vendre.

Agence France Presse

Un studio de la Société française de production

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