retour article original

vendredi 24 février 2017
Vous êtes ici Accueil Informations internationales Afrique Algérie
AP, 2 avril 2004

La crise en Kabylie continue de peser sur le débat politique en Algérie


Affrontements entre la police anti-émeute et des manifestants, à Tizi Ouzou, le 31 mars 2004

TIZI OUZOU, Algérie (AP) - Trois ans après la répression sanglante (125 morts et 2000 blessés) du "printemps noir", la crise ouverte entre le pouvoir central d’Alger et la Kabylie est toujours au centre des débats de la campagne pour l’élection présidentielle du 8 avril 2004.

Venu mercredi 31 mars 2004, pour animer un meeting à Tizi-Ouzou, le président Abdelaziz Bouteflika, candidat à sa réélection, a pu lui-même constater que les plaies de cet épisode de rébellion larvée, déclenché en avril 2001 après la mort d’un lycéen dans une caserne de gendarmerie, n’étaient pas cicatrisées.

Un policier algérien tire une grenade de gaz lacrymogène contre les manifestants, à Tizi Ouzou, le 31 mars 2004


Après s’être adressé un demi-millier de sympathisants, triés sur le volet et regroupés dans une maison de la Culture rebaptisée "maison de la Corruption" par un calicot, Bouteflika a du quitter la salle par une porte dérobée et laisser derrière lui une ville en état de siège.

Abdelaziz Bouteflika

Au cris de "pouvoir assassin !", plusieurs centaines de manifestants ont affronté à coups de pierres et de cocktails molotov les forces anti-émeutes qui ont répliqué avec des tirs de canons à eau et de grenades lacrymogènes.

De telles scènes, régulièrement observées à Tizi-Ouzou, ont été largement commentées par la presse écrite indépendante. "Bouteflika ravive les émeutes" (El Watan), "la Kabylie chasse Bouteflika" (Le Soir), "la Kabylie refuse Bouteflika" (Liberté), "La sortie ratée de Bouteflika" (L’Expression) tandis que Le Matin comparait la sortie du chef de l’Etat à "Aristide (président haïtien déchu, NDLR) qui fuyait pour échapper à l’irritation populaire".

Un manifestant court se mettre à l’abri, à Tizi Ouzou, le 31 mars 2004

Dans une ville qui lui est largement acquise, Saïd Sadi, le candidat berbériste et laïc du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), a en revanche réuni vendredi sans incident près de 6000 personnes au stade de Tizi Ouzou. S’exprimant tour à tour en Tamazight (langue berbère) et en Français, Said Sadi assurait : "la Kabylie n’a pas oublié ses morts".

Saïd Sadi

Partisan d’une "régionalisation" de l’Algérie, Saïd Sadi a ironisé sur la "dérive mafieuse" et le bilan "catastrophique" de Bouteflika : "son seul record, c’est d’avoir bénéficié de la campagne électorale la plus chère d’Afrique".

Rappelant que les Kabyles représentent "trois millions de voix" (un cinquième de l’électorat algérien, NDLR), le candidat du RCD a appelé ses partisans à refuser "la tentation du boycott" pour permettre l’organisation d’un encore hypothétique second tour. "A vous de récolter les fruits du combat de vos aînés ! Il n’y a plus de vote "utile", l’intégrisme, c’est fini ! Le problème c’est le régime", a-t-il lancé à une foule qui scandait "Algérie ! Démocratie !".

Associated Press

Scène de rue dans une localité algérienne

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source