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Le Monde, 30 mai 2007

Corruption : Un tribunal thaïlandais ordonne la dissolution du parti de l’ancien premier ministre, Thaksin Shinawatra


Des membres du TRT, à Bangkok, le 30 mai 2007

Le Thai Rak Thai ("les Thaïlandais pour la Thaïlande", TRT), le parti de l’ex-premier ministre, Thaksin Shinawatra, a été reconnu coupable de fraude électorale par un tribunal constitutionnel thaïlandais, mercredi 30 mai 2007. Les neuf juges se sont prononcés pour sa dissolution et cent onze responsables du TRT, dont Thaksin Shinawatra, ont été interdits d’activité politique pendant cinq ans. M. Thaksin, âgé de 57 ans, avait démissionné de la direction du TRT juste après le coup d’Etat militaire de septembre 2006, qui l’avait renversé, et s’était réfugié à Londres.

Thailand


"Tous les responsables du parti Thai Rak Thai à l’époque des malversations [en 2006] seront soumis à l’interdiction", a déclaré un des juges en lisant le verdict. "Même s’ils ont quitté [la direction du parti] ensuite, ils ne peuvent échapper à la culpabilité", a-t-il précisé. Au pouvoir de 2001 à septembre 2006, le parti a été reconnu coupable d’avoir payé de petites formations pour qu’elles participent à des élections législatives anticipées, le 2 avril 2006, afin de les rendre crédibles, et d’avoir utilisé la Commission électorale de l’époque à son avantage.

Thaksin Shinawatra

Le Parti démocrate, la plus vieille formation politique du pays, qui comparaissait pour les mêmes accusations, a lui été acquitté un peu plus tôt dans la journée. "Les faits ne prouvent pas que les démocrates aient commis la moindre malversation, c’est pourquoi il n’y a aucune raison de dissoudre" le parti, vieux de 61 ans, a indiqué Thanit Kesawapitak, l’un des neuf juges.

Des policiers devant le siège de la Cour constitutionnelle, à Bangkok, le 30 mai 2007

Plus de 15000 militaires avaient été mobilisés à travers le pays, avant le verdict, dont 900 autour du tribunal de Bangkok. Craignant des manifestations et des débordements, le premier ministre nommé par la junte militaire, Surayud Chulanont, s’était dit prêt à décréter l’état d’urgence "si la situation l’exige[ait]". Il a demandé à la population de ne pas descendre dans les rues en attendant les décisions des juges.

Avec AFP

Des membres du TRT, à Bangkok, le 31 mai 2007

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