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samedi 24 juin 2017
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AFP, 4 juin 2007

Afrique : Liberté de la presse


Vue de Cape Town, en Afrique du Sud

LE CAP (AFP) - L’Association mondiale des journaux (AMJ) et le Forum mondial des éditeurs ont exhorté, lundi 4 juin, l’Union africaine (UA) et les Nations Unies à agir pour la liberté de la presse sur le continent africain. Les deux associations, réunies en congrès mondial au Cap (Afrique du Sud) jusqu’à mercredi 6 juin 2007, "appellent les institutions internationales à promouvoir les avancées de la liberté de la presse en Afrique durant la prochaine décennie", dans une déclaration qui doit être remise aux Nations Unies, à l’Unesco et à l’Union africaine.

Des journaux algériens


"D’un pays à l’autre, la presse africaine est paralysée par un arsenal de mesures répressives", note le texte, intitulé "déclaration de la Montagne de la Table", du nom du mont plat qui domine le Cap. Affirmant leur "conviction que l’Afrique a besoin d’une presse forte, libre et indépendante qui puisse contrôler les institutions publiques", élément essentiel d’un développement économique et politique durable, l’Association mondiale des journaux et le Forum des éditeurs dénoncent les lois sur l’injure publique qui "interdisent toute critique" à l’égard du pouvoir. Pendant les cinq premiers mois de l’année, 103 journalistes ont été arrêtés et/ou emprisonnés dans 26 pays africains au nom de ces lois que les associations qualifient de "principal fléau pour la liberté de la presse sur le continent". Elles demandent "l’abolition d’urgence" de ces lois et exhortent l’Union africaine à "inclure immédiatement" la liberté de la presse dans les critères de bonne gouvernance du Mécanisme africain de contrôle (APRM), système d’évaluation des pays africains par leurs pairs qui ne comporte aucune référence aux médias.

Un vendeur de journaux à Dakar, au Sénégal

Le congrès mondial de la presse dénonce les "autres formes de répression" des médias africains, qui passent aussi par la pression fiscale ou la suppression des annonces publicitaires. Il appelle l’ONU et l’Unesco à aider les journaux dans les domaines de la défense légale, du développement des compétences et de l’accès au capital et à l’investissement. La presse, en Afrique, est "prise entre l’enclume du marché et le marteau de l’Etat", avait relevé, dimanche 3 juin 2007, l’analyste zambien Fackson Banda, lors d’un débat qui ouvrait les travaux de l’Association mondiale des journaux.

Un vendeur de journaux à Abidjan, en Côte d’Ivoire

La plupart des médias indépendants ont été nationalisés lorsque les pays africains ont acquis leur indépendance, a expliqué M. Banda, entraînant la création d’un arsenal législatif de contrôle étatique toujours en vigueur dans de nombreux pays. Mais là où des médias privés sont réapparus, la concentration de la propriété entre peu de mains et la course au profit aux dépens du journalisme d’investigation nuisent à la qualité de l’information. "La plupart des rédactions manquent de ressources, les données (publiques) auxquelles elles ont accès ne sont pas fiables, l’encadrement est faible et l’environnement économique, législatif et éthique ne favorise pas" une presse de qualité, a résumé Azubuike Ishiekwene, directeur des publications du groupe de presse Punch Nigeria Ltd.

Agence France Presse

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