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lundi 27 février 2017
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AFP, 29 juin 2007

Corruption : Un haut fonctionnaire condamné à 50 ans de prison au Cameroun


Vue de Douala

Le tribunal de grande instance de Yaoundé a condamné, jeudi 28 juin 2007 au soir, l’ancien directeur général du Fonds d’équipement intercommunal (Féicom) camerounais, Emmanuel Gérard Ondo Ndong, à cinquante ans de prison pour détournement de fonds publics, a rapporté la radio nationale. Treize de ses coaccusés ont été condamnés à des peines allant de dix à quarante-huit ans de prison. Le verdict du tribunal prévoit également la confiscation des biens de M. Ondo Ndong. Les quatorze condamnés, tous des employés ou prestataires de services du Féicom, devront en outre verser, en tout, 14 milliards de francs CFA (21,4 millions d’euros) de dommages et intérêts à ce Fonds.

Cameroun


En mai 2005, un audit réalisé à la demande de l’Agence française de développement (AFD) avait révélé dans la comptabilité du Féicom des détournements massifs au profit d’entreprises ou de particuliers, initialement chiffrés à 52 milliards de francs CFA (80 millions d’euros) par la presse locale. M. Ondo Ndong a ainsi été épinglé pour le versement d’aides indues à des membres du conseil d’administration du Fonds et à certaines associations, pour un montant de 1,07 milliard de FCFA, et pour des missions fictives pour un montant de 10 milliards.

Emmanuel Gerard Ondo Ndong

M. Ondo Ndong, incarcéré, depuis février 2006, à Yaoundé, et jugé depuis le 14 novembre 2006, avait été reconnu coupable, mercredi 27 juin 2007 au soir, par le tribunal, de détournement de fonds publics et complicité. Le procureur avait requis, jeudi 28 juin, une peine de 75 ans de prison. Selon le tribunal, l’ex-haut fonctionnaire et les autres personnes condamnées ont détourné en tout quelque 13 milliards de francs CFA (19,8 millions d’euros). Une vingtaine d’autres accusés ont été relaxés dans cette même affaire. Il s’agit des premières personnalités reconnues coupables dans le cadre de l’opération anti-corruption "Epervier" lancée par le Premier ministre camerounais, Ephraïm Inoni, à son arrivée à la tête du gouvernement, fin 2004, sous la pression des bailleurs de fonds internationaux.

Gilles-Roger Belinga

L’opération "Epervier" a débouché sur l’arrestation d’autres responsables d’organismes publics, en cours de jugement dans plusieurs procès, à Yaoundé et Douala, la capitale économique du Cameroun. Les ex-patrons de la Société immobilière du Cameroun (SIC), Gilles-Roger Belinga, et du Crédit foncier du Cameroun (CFC), Joseph Edou, et l’ancien ministre de l’Eau et de l’Energie, Alphonse Siyam Siwé, ex-directeur du Port autonome de Douala, sont concernés, ainsi que deux députés du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) du président, Paul Biya.

Agence France Presse

Alphonse Siyam Siwé

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source