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Le Monde, 29 juin 2007

Côte d’Ivoire : Guillaume Soro, sort indemne d’un attentat à Bouaké


Vue de Bouaké

Le premier ministre ivoirien, Guillaume Soro, est sorti indemne d’une attaque contre son avion, vendredi 29 juin 2007, alors qu’il venait d’arriver à l’aéroport de Bouaké, au centre de la Côte d’Ivoire. Au moins quatre personnes de sa délégation sont mortes lors de l’attaque, a-t-on appris de sources proches du premier ministre, le chef rebelle associé au président, Laurent Gbagbo, dans le gouvernement de transition. Le calme est désormais revenu.

Côte d’Ivoire


Les rebelles des Forces nouvelles de M. Soro ont pris le contrôle de la moitié nord de la Côte d’Ivoire en septembre 2002, lors d’une tentative de coup d’Etat contre M. Gbagbo, qui a gardé le contrôle du Sud. Depuis début avril 2007, des journaux ivoiriens se sont faits régulièrement l’écho de l’insatisfaction d’une partie de la rébellion, qui accuse son chef d’avoir trahi la cause pour s’allier avec l’ancien ennemi, Laurent Gbagbo. Cet attentat porte un coup au climat de réconciliation fragile installé dans le pays depuis la signature de l’accord de paix du 4 mars. Le président Laurent Gbagbo avait ensuite nommé premier ministre son ancien ennemi Guillaume Soro, début avril 2007.

Guillaume Soro Kigbafori

Selon des sources concordantes, l’avion transportant le premier ministre a essuyé des tirs de roquettes et de kalachnikovs, alors qu’il venait d’atterrir sur le tarmac de Bouaké. Les forces de sécurité ont ensuite répliqué. Des tirs ont eu lieu pendant quelques heures, en fin de matinée, entre l’aéroport et le centre-ville de Bouaké. C’est pourtant à Bouaké que se trouve le quartier général des Forces nouvelles (FN), la rébellion dirigée par M. Soro. Au moins quatre autres personnes ont par ailleurs été grièvement blessées lors de l’attaque, ont indiqué des sources sécuritaires. M. Soro devait présider, vendredi 29 juin 2007, à Bouaké, une cérémonie pour le redéploiement de l’administration judiciaire, un des principaux volets du processus de paix visant à réunifier le pays. Une quinzaine de magistrats l’accompagnaient.

Vue de Bouaké

Dans la capitale, Abidjan, l’attaque a mis en alerte la présidence, les services du premier ministre et les forces de sécurité. Les réactions d’indignation n’ont pas tardé à affluer. D’abord celle du secrétaire exécutif de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), Mohamed Ibn Chambas, qui a condamné l’attentat. "On ne tire pas sur la paix. Nous dirons aux auteurs (quand ils seront identifiés) de rejoindre le processus de paix et de faire confiance à ce processus", a renchéri le commissaire, à la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA), Saïd Djinnit, espérant que cette attaque "n’est qu’un incident de parcours". Enfin, l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (Onuci) "condamne énergiquement l’attaque" , a indiqué son porte-parole, Hamadoun Touré.

Avec AFP et Reuters

La mosquée de Bouaké

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