par Brigitte DUSSEAU
LONDRES (AFP) - Deux médecins originaires du Moyen-Orient étaient détenus, lundi 2 juillet 2007, par la police britannique, dans l’enquête sur les attentats manqués de Londres et de Glasgow qui avance à pas de géant.
Alors que le Royaume-Uni reste placé en état d’alerte maximale, des sources policières ont indiqué que deux médecins figuraient parmi les sept personnes arrêtées depuis samedi 30 juin. Le premier est un médecin jordanien d’origine palestinienne, Mohammed Jamil Abdelkader Asha, âgé de 27 ans, ont indiqué des responsables en Jordanie, sous couvert d’anonymat. Ils l’ont présenté comme le possible cerveau des attentats manqués. Il a été arrêté, avec sa femme, sur l’autoroute M6, près de Liverpool, samedi 30 juin au soir. Sa femme, Maroua Daana, est une laborantine, avec laquelle il avait émigré en Grande Bretagne, en 2005, pour poursuivre sa spécialisation de neurologue, a raconté son père, Jamil Asha, à l’AFP, en Jordanie. Ils ont un fils âgé de deux ans et demi, a-t-il précisé. Mohammed Asha travaillait à l’hôpital de Stoke-on-Trent, où son bureau a été perquisitionné lundi 2 juillet. Il vivait dans la ville proche de Newcastle-under-Lyme, dans une maison perquisitionnée par la police dimanche 1er juillet 2007.
Des sources policières britanniques ont précisé que le deuxième médecin était un Irakien, identifié comme Bilal Abdulla. Il avait obtenu son diplôme, à Bagdad, en 2004, un an après le déclenchement de la guerre, selon la BBC, et serait l’un des auteurs de l’attentat manqué de Glasgow. Il aurait travaillé au Royal Alexandra hospital de Paisley où est actuellement hospitalisé l’un des auteurs de cet attentat, grièvement brûlé. La police avait, dimanche 1er juillet, procédé à l’explosion contrôlée d’une voiture sur un parking de cet hôpital. Elle y est retournée, lundi 2 juillet 2007, perquisitionnant des bâtiments où est logé le personnel. Elle y a procédé à deux nouvelles explosions contrôlées sur une voiture, selon un porte-parole.
Une source des services de sécurité a précisé à l’AFP que d’autres étrangers travaillant dans le milieu médical, figuraient probablement parmi les personnes arrêtées, et que tous seraient entrés légalement au Royaume-Uni. Au total sept personnes étaient désormais détenues, lundi 2 juillet, par la police, dont l’enquête avance "très rapidement", s’est réjouie la ministre de l’Intérieur, Jacqui Smith, venue faire le point, lundi 2 juillet, devant la Chambre des communes. "Je me félicite des progrès qui sont accomplis", a-t-elle ajouté, répétant que les Britanniques ne se laisseraient pas "intimider" par ceux qui veulent "détruire notre mode de vie et nos libertés". La ministre a révélé que les enquêteurs avaient procédé à dix-neuf perquisitions depuis samedi 30 juin 2007.
La police n’a pas confirmé des informations du Sun et du Daily Telegraph, selon lesquels les attentats manqués de Londres et de Glasgow pourraient avoir été commis par les mêmes hommes. La police était apparemment déjà sur leurs traces, quand les deux auteurs de l’attentat manqué de Glasgow ont lancé, samedi 30 juin 2007 après-midi, une voiture remplie d’au moins quatre bonbonnes de gaz contre la porte principale de l’aéroport. Daniel Gardiner, un agent immobilier, qui louait la maison occupée, à Houston, par les deux hommes, a expliqué que la police avait cherché à le contacter avant l’attentat, mais qu’il n’avait pris connaissance de son message que dix minutes avant cette attaque. La voiture, qui s’est encastrée dans l’entrée, n’a pas explosé, mais a provoqué un incendie spectaculaire.
La veille, deux voitures piégées avaient été découvertes, près de Piccadilly Circus, dans le centre de Londres. L’une d’elles avait été garée près d’une boîte de nuit. A l’intérieur, la police a découvert des dizaines de litres d’essence, des bonbonnes de gaz et un très grand nombre de clous. Les voitures piégées devaient être actionnées par des téléphones portables qui n’ont pas fonctionné et dont l’examen des appels reçus a permis de remonter jusqu’aux suspects arrêtés ces derniers jours à Glasgow, Liverpool, et dans le Staffordshire, a affirmé le quotidien Evening Standard.
Dans la crainte d’un nouvel attentat, les mesures de sécurité ont été renforcées dans les gares et les aéroports et une forte présence policière était visible, lundi 2 juillet 2007, dans les rues de Londres. Les fouilles des véhicules ont également été augmentées. La sécurité a été renforcée autour du tournoi de tennis de Wimbledon. Des blocs de béton ont été installés devant les entrées, la fouille des véhicules a été rendue systématique, occasionnant des embouteillages.
Brigitte DUSSEAU
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