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samedi 29 avril 2017
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AFP, 4 avril 2004

Côte d’Ivoire : les Casques bleus attendus dans un contexte délétère


ABIDJAN (AFP) - Les premiers Casques bleus de l’ONU doivent commencer leur déploiement, dimanche 4 avril 2004, en Côte d’Ivoire, dans un contexte délétère après des violences meurtrières déclenchées le 25 mars à Abidjan par des affrontements entre forces de l’ordre et militants de l’opposition.


Le Conseil de sécurité de l’ONU avait décidé à l’unanimité, le 27 février 2004, de déployer en Côte d’Ivoire, d’ici juillet, une force de maintien de la paix de 6240 Casques bleus dotés d’une autorisation de recours à la force.

La résolution 1528 établit l’"Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire" (ONUCI), commandée par le général de division sénégalais Abdoulaye Fall, pour une durée initiale d’un an à compter du 4 avril 2004.

Dimanche 4 avril, il s’agira en fait, pour les quelque 1300 hommes de la MICECI, la mission de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’ouest) en Côte d’Ivoire, de troquer leurs bérets nationaux pour coiffer celui, bleu, de l’ONU.

Ce déploiement intervient alors que le pouvoir du président Laurent Gbagbo a demandé l’aide des troupes françaises et africaines déployées sur place pour assurer la sécurité à Abidjan.

L’objectif d’encadrer un processus de réconciliation laborieux issu des accords de Marcoussis (France, janvier 2003) dans ce pays coupé en deux depuis le début d’une rébellion armée en septembre 2002 s’avère encore plus compliqué après la dernière effusion de sang.

Le 25 mars 2004, l’opposition souhaitait organiser une "marche pacifique" pour réclamer l’application des accords de paix de janvier 2003 en dépit d’une interdiction de toute manifestation prise en conseil des ministres le 11 mars jusqu’au 30 avril 2004 et signée par decret par le président Gbagbo.

Le pouvoir n’a pas lésiné sur les moyens pour l’en empêcher, plaçant Abidjan en état de siège et réprimant durement des opposants avérés ou supposés. Le bilan officiel est de 37 morts en deux jours, l’opposition parle de 350 à 500 morts, accusant les forces de sécurité régulières d’avoir été appuyées par des milices pro-gouvernementales.

"Un Etat fantôme, de vraies milices", titrait vendredi le quotidien abidjanais 24 Heures qui dénonce une "synergie" entre ces "forces parallèles" pro-régime et les "forces régulières".

Des témoins parlent de véritables rafles à Abidjan, visant notamment des Ivoiriens originaires du nord ou des ressortissants des pays frontaliers comme le Mali, traditionnellement accusés par le pouvoir de soutenir l’opposition. Selon une source autorisée à Bamako, au moins 10 Maliens ont été tués.

Semblant tenter de dédouaner les forces de l’ordre, le ministre de la sécurité intérieure, Martin Bléou, a attribué, jeudi 1er avril 2004, les "exactions" à des "forces parallèles en uniforme" dont il n’a pas précisé la nature.

Pour de nombreux observateurs, il est clair qu’il existe de facto un "gouvernement de l’ombre" dans l’entourage présidentiel, au sein duquel agissent les "sécurocrates" et les faucons les plus durs du régime.

Le Haut commissariat pour les droits de l’homme de l’ONU a annoncé, vendredi 2 avril 2004, la mise sur pied "le plus rapidement possible"’ d’une commission d’enquête sur les "accusations faisant état de graves violations des droits de l’Homme pendant et après les manifestations" à Abidjan le 25 mars 2004. Ces accusations concernent notamment "des exécutions sommaires et extra-judiciaires, des viols et violences sexuelles, des arrestations et interpellations arbitraires", a-t-il précisé.

La France, ancienne puissance coloniale, réclamait avec insistance l’arrivée de Casque bleus, pour sortir du tête à tête avec le pouvoir d’Abidjan, dont les partisans l’accusent régulièrement de collusion avec l’opposition, voire avec les rebelles. L’opposition a de son côté accusé les troupes françaises de non assistance à personnes en danger lors des dernières violences.

Agence France Presse

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