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Le Monde, 16 juillet 2007

Djibouti : Un ex-ministre dément avoir confié une enquête au juge Borrel


Vue de Djibouti

L’ancien ministre djiboutien de la justice, Moumin Bahdon Farah, a catégoriquement démenti, dimanche 15 juillet 2007, avoir chargé le juge français Bernard Borrel, retrouvé mort, en 1995, à Djibouti, d’une "enquête sur des personnalités" de ce pays de la Corne de l’Afrique.

Djibouti


Le corps en partie carbonisé du juge Borrel avait été retrouvé, le 19 octobre 1995, en contrebas d’un ravin, à Djibouti. L’enquête française a privilégié, dans un premier temps, la thèse du suicide, avant de retenir celle d’un assassinat. Ce dossier est devenu une affaire d’Etat, après la mise en cause par des témoins du président Guelleh et de dignitaires du régime de Djibouti, où la France entretient sa principale base militaire en Afrique. Selon le témoignage d’un ex-membre du renseignement militaire recueilli par la justice française, qui enquête sur la mort de M. Borrel, le juge avait été chargé, avant sa mort, d’enquêter sur "des trafics" auxquels l’actuel président djiboutien, Ismaël Omar Guelfe, qui était directeur de cabinet du chef de l’Etat à l’époque des faits, aurait été mêlé.

Bernard Borrel

"Un membre du renseignement militaire français (...) aurait prétendu que, ministre de la justice de la République de Djibouti, j’aurais chargé le juge Bernard Borrel d’une mission d’enquête sur des personnalités de mon pays. Je démens catégoriquement ces propos mensongers", a affirmé M. Farah dans un communiqué publié à Djibouti. "Le juge Borrel était détaché au ministère djiboutien de la Justice en tant que conseiller technique et n’avait donc aucune qualité pour effectuer quelque enquête que ce soit", a-t-il ajouté. "De même, je démens formellement les propos tout aussi mensongers selon lesquels Bernard Borrel aurait eu un différend de quelque nature que ce soit avec moi ou un autre de mes compatriotes", a poursuivi M. Farah."Par contre, je sais qu’il s’est plaint auprès de moi du chef de mission de la coopération française (de l’époque) à Djibouti, Jacques Mouline, qui, selon lui, l’aurait harcelé en lui demandant un rapport hebdomadaire sur le ministère et moi-même", a-t-il affirmé. Enfin, M. Farah a démenti "avec la même force toute implication djiboutienne dans cette affaire" qu’il considère "comme franco-française".

Avec AFP

Moumin Bahdon Farah

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